La FQPPU constate que la dernière tranche du « réinvestissement » dans l’éducation promis lors du Sommet du Québec et de la jeunesse sera respectée, ce qui est un pas dans la bonne direction.
La FQPPU est déçue pour ce qui est du financement de la recherche.
Montréal, 27 mars 2002 - Le « Budget de dépenses » du gouvernement du Québec pour l'année 2002-2003 rendu public le 26 mars par le président du Conseil du trésor, M. Joseph Facal, annonce que la dernière tranche du « réinvestissement » dans l'éducation promis lors du Sommet du Québec et de la jeunesse il y a deux ans, au printemps 2000, sera effectivement versée, de sorte qu'au total, l'enveloppe budgétaire du ministère de l'Éducation aura augmenté de 1,3 milliards de dollars depuis cette date.
La FQPPU exprime donc un certain soulagement après les craintes qu'elle avait éprouvées à la suite de la présentation par la ministre Pauline Marois de son Énoncé budgétaire complémentaire du 19 mars.
Pour les universités, les crédits de 2002-2003 s'élèvent à 1,64 milliards de dollars, en hausse de 102 millions par rapport aux crédits de l'exercice précédent, celui de 2001-2002, et en hausse de 375 millions de dollars par rapport à leur niveau d'avant la première tranche du « réinvestissement » dans l'éducation, versée en 2000-2001.
Si on soustrait de cet accroissement de 375 millions les « coûts de système », qui se chiffrent à environ 50 millions de dollars par année, on peut parler, au moins théoriquement, d'un « réinvestissement net » de 225 millions de dollars, dont les universités, au minimum, doivent bénéficier à l'avenir de manière récurrente.
La FQPPU précise que la préservation de ce « réinvestissement net » exige que soit au moins intégralement compensée l'augmentation future des « coûts de système ». À cet égard, elle tient à souligner que seulement 80 % de ces coûts sont actuellement assumés par le financement gouvernemental, le solde de 20 % devant être assumé par les universités à même les frais de scolarité perçus qui, on le sait, ne sont pas indexés, ce qui constitue pour elles des frais supplémentaires.
Mais encore, faudrait-il surtout que les sommes théoriques annoncées dans le Budget de dépenses soient effectivement versées en cours d'exercice, au moment où elles font dramatiquement défaut, et non, comme c'est malheureusement la pratique, au cours des seuls derniers mois de l'exercice.
La FQPPU est donc d'avis que s'il faut se réjouir de ce que le Budget de dépenses indique, sur papier, une intention de respecter les engagements pris en 2000 par le gouvernement en matière de « réinvestissement », il est impossible par ailleurs de ne pas se préoccuper de ce que ces engagements pourraient rapidement devenir caduques si les premiers pas franchis dans la bonne voie devaient être compromis par un manque de volonté réelle d'y donner suite en prenant les mesures qui s'imposent à cet effet. Il est impossible également de ne pas se préoccuper de ce que les sommes prévues au fin du financement de la recherche soient loin d’être à la hauteur de la politique scientifique que le gouvernement prétend soutenir.
En somme, la FQPPU s'attend à ce que, sur l'actuelle lancée, le nécessaire soit fait au cours des prochaines années pour réparer l'importante dégradation du réseau universitaire occasionnée par les vagues successives de compressions des deux dernières décennies. Le gouvernement, estime-t-elle, doit dès maintenant y réfléchir en vue du prochain budget.