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Le changement dans la continuité à Ottawa : les surplus excédentaires vont au remboursement de la dette

Montréal, le 21 juin 2002 - Grâce à une performance économique meilleure que celle qui était prévue par le ministre des Finances Paul Martin, le 10 décembre dernier, lors de la présentation du budget des années 2001-2002 et 2002-2003, son successeur John Manley a annoncé, le 19 juin, dans son Allocution devant le Comité des finances de la Chambre des communes, que le surplus budgétaire de l'année 2001-2002 atteindra vraisemblablement les six milliards de dollars et que cet excédent sur les sommes prévues en décembre sera entièrement affecté au remboursement de la dette. Telle est en substance la seule annonce faite par le Ministre dans cette allocution qui sera suivie à l'automne par une mise à jour budgétaire complète.

La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) constate sans grand étonnement, mais avec beaucoup de déception, la continuité de la politique du gouvernement Chrétien qui n'a pas dévié d'un iota à l'occasion du remplacement de l'ancien ministre des Finances par le nouveau. Elle réitère avec force sa sévère critique du gouvernement qui continue à dégager d'énormes surplus en exerçant des ponctions sur les fonds de l'assurance-emploi, en ne versant pas les sommes qu'il est moralement tenu de verser aux aînés au chapitre des prestations de Supplément de revenu garanti et en niant l'existence d'un déséquilibre fiscal qui prive les provinces des fonds dont elles ont absolument besoin pour s'acquitter de leurs obligations en vertu de la constitution. Ce sont, entre autres, plus de trois milliards qui reviennent ainsi de droit aux aînés qui en sont privés depuis 1993 par défaut du gouvernement fédéral d'inscrire sur ses listes les ayants droit aux prestations de Supplément de revenu garanti et que le gouvernement refuse de payer.

La FQPPU déplore que le ministre Manley écarte du revers de la main les obligations du gouvernement à l'égard des citoyens et des provinces en déclarant : « Nous ne renoncerons jamais aux gains économiques et financiers que nous avons faits au profit de solutions à court terme » et en réaffirmant la primauté exclusive qu'il accorde à « un engagement continu et déterminé à l'égard de budgets équilibrés et de la réduction de la dette ».

La Fédération observe que le Ministre se place en contradiction avec lui-même lorsqu'il déclare vouloir faire du Canada un véritable « tigre du Nord », « un pays qui attire les investissements, les travailleurs spécialisés du savoir, la recherche de pointe, les sciences et l'innovation », mais qu'il persiste à ne pas prévoir le rétablissement d'un financement adéquat des universités qui sont pourtant le pivot essentiel d'un tel développement.

La FQPPU en appelle, une fois de plus, au gouvernement pour qu'il entende enfin ses demandes maintes fois réitérées en faveur du rétablissement du financement de l’enseignement postsecondaire et de la recherche universitaire. La mise à jour budgétaire de l'automne serait l'occasion appropriée pour commencer à y voir.

La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) regroupe 20 syndicats et associations rassemblant quelque 8 000 professeures et professeurs des universités québécoises.

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