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Commentaires de la FQPPU sur la mise à jour budgétaire présentée par le ministre des Finances, John Manley devant le Comité permanent des finances de la Chambre des communes à Halifax, le 30 octobre 2002

  • Le moins qu'on puisse dire est que cette « mise à jour » économique et financière n'aura éclairci aucune des interrogations issues du récent discours du Trône.

  • Aucune annonce à l’égard du rétablissement absolument nécessaire d’un financement adéquat des universités qui sont le pivot essentiel au développement du Canada.

Le 19 juin dernier, quelques jours après avoir succédé à Paul Martin en tant que ministre des Finances du Canada, John Manley avait eu la modestie de qualifier de simple « Allocution » le discours qu'il avait prononcé sur l'état des finances devant le Comité des finances de la Chambre des communes. Il est regrettable qu'il n'ait pas fait preuve de la même modestie en qualifiant de « Mise à jour économique et financière » le discours qu'il a prononcé aujourd'hui devant le même Comité. Rien, en effet, dans ce discours n'est de la nature d'une mise à jour des mesures annoncées le 10 décembre dernier dans le discours sur le budget portant sur une période de quinze mois prononcé par Paul Martin, à moins qu'on donne à l'expression « mise à jour » sa signification étroite de simple dévoilement des intentions du gouvernement de poursuivre intégralement les politiques qui sont devenues sa marque de commerce depuis plusieurs années.

Le discours du ministre Manley n'est, en effet, qu'une répétition de ce qui nous a été maintes fois redit au cours des derniers mois quant aux extraordinaires réussites économiques du Canada, qui dépassent celles de tous les pays industrialisés aux chapitres de la croissance du Produit intérieur brut, de la création d'emplois, de la résistance aux tendances à la récession économique et de la rapidité de sa récupération à la suite de ralentissements, et quant à son intention d'affecter au seul remboursement de la dette les résultats positifs de cette situation économique avantageuse. Alors qu'on devrait pouvoir s'attendre à de tels succès qu'ils nous offrent davantage l'occasion de nous attaquer aux grandes questions que sont le financement de la santé, de l'éducation et des services sociaux, et le déséquilibre fiscal, pour n'en citer que quelques-unes, le ministre Manley nous dit que l'intention ferme du gouvernement est de continuer à observer la prudence économique qui a permis au Canada de se situer en tête du palmarès économique. Toute nouvelle dépense que pourrait envisager le gouvernement devrait ainsi être compensée par une réduction d'autres dépenses.

Fidèle aux méthodes de son prédécesseur Paul Martin, le ministre Manley utilise tous les subterfuges qui lui permettent de réduire en apparence l'ampleur des surplus budgétaires prévus, en surestimant les dépenses et en sous-estimant les revenus, en reconstituant une réserve pour éventualités de 3 milliards de dollars majorée d'un coussin supplémentaire, avec l'objectif non révélé de dégager des surplus plus élevés, pour les affecter au remboursement de la dette. Même les engagements pris le 10 décembre dernier par Paul Martin quant à la constitution d'un fonds de 500 millions de dollars pour venir en aide aux pays africains et pour doter de 2 milliards de dollars une nouvelle fondation pour les « infrastructures stratégiques » ne sont pas respectés. Les sommes en question destinées à ces fonds devaient leur être versées dans la mesure où un surplus serait dégagé. On sait maintenant que le surplus de l'année 2001-2002, dont il était prévu au départ qu'il serait nul, a atteint le niveau de 8,9 milliards et que ce montant a été, dans sa totalité, affecté au remboursement de la dette. Les pays africains et le programme d'infrastructures stratégiques devront attendre.

Tout aussi inacceptable est la subtilisation, qui vient d'être déclarée illégale par la vérificatrice générale Sheila Fraser, des surplus des comptes de l'assurance-emploi par le gouvernement au profit d'un surplus budgétaire général versé au remboursement de la dette. Ce sont ainsi 40 milliards de dollars qui ont été détournés depuis 1996, ce qui a permis au gouvernement d'atteindre l'équilibre budgétaire deux ans plus tôt. Le ministre Manley n'en a soufflé mot, ni proposé de remède à apporter à cette anomalie. La FQPPU réitère sa volonté de voir ce problème se régler, non par une réduction des cotisations à l'assurance-emploi, mais par une restauration des avantages du programme.

Reprenant un thème qu'il avait énoncé dans son Allocution du 19 juin, le Ministre a de nouveau parlé du Canada comme d'un « tigre du Nord », expression qu'il a répétée à plusieurs reprises dans son discours. Il a également réitéré les conditions de l'édification de la force de ce « tigre », que sont à ses yeux la venue au Canada des investissements étrangers et des travailleurs spécialisés du savoir, la recherche de pointe, les sciences et l'innovation, mais sans annoncer quoi que ce soit à l'égard du rétablissement absolument nécessaire d'un financement adéquat des universités, qui sont le pivot essentiel d'un tel développement.

Le moins qu'on puisse dire est que cette « mise à jour » économique et financière n'aura éclairci aucune des interrogations issues du récent discours du Trône.

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