Montréal, le 7 novembre 2002 – Le premier ministre Bernard Landry a dévoilé les vingt grandes actions prioritaires que son gouvernement s'engage à réaliser d'ici 2005, parmi lesquelles la réalisation du plein emploi, l'adoption d'une loi contre la pauvreté et l'exclusion sociale, la mise sur pied de groupes de médecine de famille, l'amélioration de la situation dans les salles d'urgence et la réduction des listes d'attente, la création de 50 000 nouvelles places en garderie à 5 dollars, la mise en œuvre du protocole de Kyoto, un réexamen des normes du travail pour assurer une meilleure conciliation travail-famille, la poursuite de la bataille pour le règlement du déséquilibre fiscal et des congés parentaux et l'adoption d'une première politique nationale de l'eau, autant d'objectifs auxquels la FQPPU souscrit.
Il faut constater par contre que la relance du financement des universités ne fait pas partie de ces priorités. Pour ce qui est des universités, le rapport rappelle qu'un « réinvestissement majeur a été réalisé parallèlement à la signature de contrats de performance définissant des paramètres d'efficacité», laissant entendre qu'aux yeux du gouvernement, l'effort de refinancement instamment réclamé par les universités aurait déjà été fait et qu'il ne faudrait pas s'attendre à plus.
Au chapitre de l'enseignement postsecondaire, la seule mesure qui figure parmi les priorités annoncées est le développement de créneaux d'expertise dans les cégeps et les universités en région, ceci sans pour autant rassurer le public sur le maintien de la vocation générale de ces établissements universitaires. Par ailleurs, la FQPPU observe que c'est au niveau de l'enseignement secondaire que le plan gouvernemental concentre ses efforts, avec l'annonce d'un vaste plan d'amélioration de l'encadrement parascolaire. L'expérience que les professeures et professeurs d'université ont acquise dans l'accomplissement de leur mission de recherche et de formation des enseignants et autres professionnels qui interviennent dans le milieu scolaire nous permet de reconnaître volontiers la pertinence et l'opportunité de cette intention gouvernementale. La Fédération regrette toutefois que la mise en œuvre de mesures qui sont jugées prioritaires à ce niveau d'éducation doive signifier l'arrêt d'efforts tout aussi nécessaires qui venaient à peine d'être entrepris au niveau universitaire, bien avant d'avoir atteint leur but.
Le gouvernement annonce son intention de constituer une enveloppe spéciale de 1,3 milliards de dollars d'ici 2005 pour réaliser son plan. Mais il annonce ne pouvoir dégager que 100 millions de dollars pour l'année financière en cours, somme qui ne sera rendue disponible qu'à partir de réaménagements budgétaires au sein des ministères. Pour les trois autres années, le financement des sommes de 300, 400 et 500 millions de dollars prévues au plan d'action dépendra de la marge de manœuvre financière du gouvernement et devra respecter son engagement de maintenir l'équilibre des finances publiques. Tout dépend des résultats toujours aléatoires de la récupération des montants réclamés d'Ottawa pour corriger le déséquilibre fiscal, bref une situation bloquée.
Nous sommes toujours très loin d'un rétablissement du financement des universités, et ce, pour plusieurs années encore, s'il faut s'en remettre au plan d'action annoncé. La FQPPU s'inquiète d'une telle irresponsabilité qui compromet le développement à venir des universités. La Fédération se concertera donc avec ses membres ainsi qu'avec ses partenaires du domaine universitaire pour décider des actions à entreprendre.