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Présentation de la FQPPU au Caucus du gouvernement du Canada à Ville Saguenay

Le 20 août 2002 - Au nom de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU), la présidente, madame Arpi Hamalian, a déposé un bref mémoire et fait une présentation devant le Caucus du gouvernement du Canada sur l’éducation postsecondaire et la recherche réuni aujourd’hui à Ville Saguenay.

Devant un groupe d’une centaine de personnes dont une trentaine de ministres, députés et sénateurs, la présidente Hamalian, a souligné les mérites de certains gestes posés récemment par le gouvernement fédéral en faveur de l’enseignement supérieur et la recherche. Mais surtout, la présentation de la FQPPU a porté sur l’expression des principaux éléments du monde universitaire qui nécessitent un soutien vigoureux afin de freiner la dégradation récente de l’institution universitaire au pays qui a été lourdement affectée par un définancement généralisé.

En dépit de certains signes de reprise observés, la FQPPU répète qu’un financement public considérablement augmenté doit être consenti aux universités afin que cette institution fondamentale de notre société puisse remplir convenablement sa triple mission d’enseignement, de recherche et de service aux collectivités. Entre autres, madame Hamalian a insisté pour que soient assurées les conditions nécessaires au recrutement et à l’installation des milliers de professeures et professeurs qui doivent être recrutés au cours des prochaines années, aussi pour que diverses mesures soient prises pour faciliter l’accès aux études supérieures à un effectif étudiant que l’on annonce croissant et en faveur de qui un soutien financier accru devra être consenti.

De plus, la présidente a rappelé que l’Université doit demeurer un service public dont le financement relève de l’État et que les valeurs fondamentales de la liberté académique et de l’autonomie universitaire doivent être maintenues à tout prix.

Le plaidoyer de la présidente Hamalian a été très favorablement reçu par le Caucus et par les autres participants concernés par l’enseignement supérieur et la recherche au Canada.

Le texte du bref mémoire présenté par la FQPPU se trouve en annexe, ci-dessous.

NOTES POUR UNE PRÉSENTATION

au

CAUCUS DU GOUVERNEMENT DU CANADA SUR l’ÉDUCATION POSTSECONDAIRE ET LA RECHERCHE

L’avenir de notre société passe par un appui solide au développement de nos universités

Arpi Hamalian
Présidente
Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université
4446, boulevard St-Laurent, bureau 405, Montréal (Qc) H2W1Z5
Tél. (514) 843-5953, Téléc. : (514) 843-6928
Courriel : federation@fqppu.qc.ca
Site Web : www.fqppu.qc.ca

La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) regroupe 20 syndicats et associations rassemblant quelque 8000 professeures et professeurs des universités québécoises.

Ville Saguenay, Québec

20 août 2002

Monsieur le Président,

Veuillez accepter nos remerciements pour l’invitation à venir échanger avec vous et votre groupe en compagnie d’autres partenaires concernés par les enjeux de l’enseignement postsecondaire et de la recherche.

Nous tenons aussi à vous exprimer nos félicitations pour le travail que vous avez accompli au cours de la présente législature, en particulier pour votre appui :

  • À l’augmentation du financement accordé aux conseils subventionnaires ainsi que la création des Instituts canadiens de recherche en santé;
  • Au financement de certains coûts indirects de la recherche;
  • À l’amélioration du financement de base pour les collèges et les universités;
  • À l’octroi de fonds supplémentaires pour les arts et les sciences sociales;
  • Au développement de la recherche dans le Nord.

Nous souhaitons ardemment que vos efforts sur ces points se traduisent par des dispositions claires et concrètes dans le prochain budget du gouvernement.

Nous tenons aussi à vous faire part de notre appréciation pour l’ouverture et l’écoute attentive dont vous et vos collègues avez fait preuve dans nos rencontres au cours des trois dernières années, ainsi que pour avoir créé plusieurs occasions et lieux d’échanges avec les représentants de la communauté de l’éducation postsecondaire et de la recherche, dont la FQPPU et nos partenaires canadiens. De plus, nous recevons avec plaisir les lettres et communiqués que vous émettez pour nous informer de votre programme et de l’état d’avancement de vos travaux.

Le contexte de notre action commune 

L’objectif du gouvernement fédéral, partagé par les gouvernements provinciaux, dont le gouvernement du Québec, est de placer notre société parmi les cinq premières au monde en matière de recherche et développement d’ici dix ans. Pour atteindre cet objectif, il faudra effectuer des investissements publics substantiels dans la recherche et l’enseignement universitaire ainsi que renforcer le financement de base de nos universités. Cela veut dire qu’il est nécessaire de prendre des mesures concrètes dans le prochain budget pour : 

  • Assurer la relève professorale et soutenir la croissance de l’effectif étudiant;
  • Renforcer la situation de la recherche et de l’enseignement universitaire, notamment en augmentant les montants versés pour les frais indirects de la recherche;
  • Maintenir et amplifier les programmes de financement des infrastructures universitaires;
  • Améliorer l’accessibilité aux études postsecondaires par un financement de base solide et assuré;
  • Abolir les frais de scolarité et soutenir financièrement les étudiantes et étudiants pour leurs études postsecondaires.

Il faut s’assurer que nous puissions compter sur les ressources professorales et sur l’effectif étudiant pour faire la recherche universitaire

Nous tenons à rappeler que l’avancement de la recherche universitaire passe avant tout par les professeurs, les premiers artisans de cette recherche, et par le lien enseignement-recherche qu’ils pratiquent, et qui se traduit dans le rapport professeur-étudiant pour préparer la relève dont notre société a besoin. Pour recruter et retenir un grand nombre de professeurs et d’étudiants dans un monde universitaire ouvert à l’international, il faut améliorer considérablement le financement de base de nos universités. D’après les récentes statistiques, les universités canadiennes devront recruter 30,000 nouveaux professeurs et professeures (entre 8,000 et 10,000 au Québec) au cours des dix prochaines années, afin de faire face aux départs à la retraite, au roulement de personnel et à l’augmentation prévue de la population étudiante.

Convaincre le gouvernement de doubler les fonds alloués aux organismes subventionnaires

Nous soutenons vos efforts pour convaincre le gouvernement de doubler les fonds alloués aux organismes subventionnaires. La FQPPU réitère qu’il est urgent et impérieux que les grands conseils subventionnaires canadiens se voient dotés de fonds substantiellement augmentés. Dans cette optique, la FQPPU continue de demander que le gouvernement double les budgets des trois conseils subventionnaires : CRSNG (Conseil de recherche en sciences naturelles et génie du Canada); CRSH (Conseil de recherches en sciences humaines du Canada) et le IRSC (Instituts de recherche en santé du Canada). C’est là une condition nécessaire pour que la recherche universitaire puisse apporter une contribution significative au plan international.

L’incapacité de ces organismes de soutenir adéquatement les étudiantes et étudiants des cycles supérieurs demeure particulièrement troublante pour la FQPPU. Le soutien aux étudiants des cycles supérieurs et aux jeunes professeurs doit être revu et augmenté de façon significative. C’est d’ailleurs un des moyens nécessaires pour faire avancer la recherche libre et fondamentale que les universités sont à peu près les seules à pouvoir réaliser dans notre contexte national. Cet investissement dans la relève universitaire est la meilleure façon d’assurer notre avenir et devrait constituer la part du lion des prochains budgets.

Financer adéquatement tous les coûts indirects de la recherche

En dépit de la place prépondérante qu’elle occupe dans l’effort de recherche au Canada, la situation de la recherche universitaire reste précaire, malgré la récente décision du gouvernement, après tant d’années de demandes formulées en ce sens par les partenaires universitaires, dont la FQPPU, de faire les premiers pas pour assurer une partie du financement des frais indirects de la recherche universitaire. Cette disposition doit être étendue à l’ensemble de la recherche subventionnée par les conseils fédéraux et non à la seule recherche subventionnée dans le cadre des chaires fédérales de recherche créées en vertu du programme institué par le gouvernement dans son budget de 2000-2001. Nous tenons à rappeler que les montants prévus pour le financement des coûts indirects de la recherche devraient être récurrents et atteindre au moins le niveau de 40% des fonds consacrés aux subventions. En cette matière, le gouvernement du Québec vient de donner un bon exemple en instaurant une telle mesure dans sa politique de la science et de l’innovation.

Assurer à nos universités un financement de base solide

L’accroissement du financement de la recherche, bien qu’il soit nécessaire, doit s’accompagner d’une augmentation du financement de fonctionnement de base pour mieux répondre aux besoins criants des universités et des collèges. C’est la meilleure façon d’assurer la santé et la réputation de notre système universitaire financé par les fonds publics. Au cours des prochaines années, il faut mettre à la disposition des gouvernements provinciaux des moyens financiers pour remédier au délabrement des campus de nos établissements universitaires. Encore ici, le gouvernement du Québec donne le ton en ce sens, et il appartient au gouvernement fédéral d’appuyer les efforts consentis par les provinces.

La FQPPU rappelle que l’Université doit demeurer un service public dont le financement relève principalement de l’État. Pour sa part, le gouvernement fédéral détient une responsabilité fondamentale à l’égard de l’éducation postsecondaire, dans la mesure où il doit accorder aux provinces les transferts nécessaires et suffisants pour assurer le fonctionnement des programmes universitaires et subventionner adéquatement la recherche et l’enseignement universitaires.

Assurer que les universités puissent continuer à couvrir un large éventail de disciplines

À plusieurs occasions, la FQPPU s’est élevée vigoureusement contre toutes les tentatives entreprises pour appliquer aux universités des financements ciblés ou conditionnels. À nouveau, elle soulève cette question fondamentale qui pourrait mettre en péril l’autonomie universitaire et la liberté académique. La contribution des universités au développement économique, social, culturel et démocratique de notre société se fait par l’ensemble des retombés, souvent indirectes, de la formation supérieure d’un nombre de plus en plus grand de citoyennes et de citoyens, et non par la seule réponse aux commandes immédiates du marché. C’est dans la mesure où les institutions d’enseignement supérieur sont libres de s’acquitter de leur mandat, et où elles ont les moyens de le faire, qu’elles peuvent le mieux servir les intérêts collectifs, y inclus ceux reliés à l’économie et au travail.

Nos universités ont répondu avec beaucoup de prévoyance et de compétence au développement des programmes qui correspondaient aux besoins de la société. Malheureusement, les fondements mêmes sur lesquelles les professeurs ont bâti ces programmes sont maintenant en péril. La physique, les mathématiques, la sociologie, la linguistique, les études anciennes, par exemple, se voient délaissées, au point où l’avenir de la formation dans ces disciplines ou champs d’études est menacé.

Le réinvestissement doit se faire dans le respect du principe fondamental de la responsabilité des universités en matière de programmation et de leur autonomie.

Des mesures budgétaires conduisant à l’abolition des frais de scolarité pour l’éducation postsecondaire

Nous tenons à rappeler qu’en 1976 le Canada a signé la Convention Internationale des Nations Unies sur les droits économiques, sociaux et culturels s’engageant ainsi à l’élimination des frais de scolarité pour l’enseignement postsecondaire. L’engagement du Canada était de rendre l’enseignement supérieur également accessible à tous et à toutes en introduisant progressivement le libre accès à l’éducation postsecondaire, par l’abolition des frais de scolarité.

Malheureusement, nous constatons aujourd’hui que, non seulement les frais de scolarité non pas été abolis, mais ils ont augmenté au point où l’endettement étudiant atteint des sommets sans précédent. Cette situation est de plus en plus inquiétante du point de vue de l’accessibilité et de la mobilité, même là où les frais de scolarité sont demeurés gelés, comme c’est le cas au Québec.

Maintenant que le gouvernement fédéral et la majorité des provinces ont atteint le déficit zéro, il est temps de s’appliquer à abolir les frais de scolarité dans toutes les universités canadiennes. Encore une fois, cela veut dire que les fonds nécessaires doivent être libérés et rendus disponibles aux provinces.

En conclusion

Nous sommes conscients que le Caucus du gouvernement du Canada sur l’éducation postsecondaire et la recherche se préoccupe du rôle des gouvernements fédéral et provinciaux dans le financement des études supérieures. À l’heure actuelle, et en attendant de meilleures solutions, l’action la plus positive du gouvernement fédéral serait de redonner aux provinces la juste part des fonds qui leur revient en vertu des dispositions constitutionnelles, afin qu’elles soient en mesure d’assumer de nouveau leurs responsabilités au chapitre de l’enseignement et de la recherche universitaires, deux missions indissociables.

Administration