Thèmes

Bibliothèque

Accès réservé

Extranet

English documents

Solidarité avec l'Énoncé complémentaire, mais inquiétude en ce qui concerne les crédits gouvernementaux

Communiqué de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) sur l'« Énoncé complémentaire à la politique budgétaire du gouvernement » de la ministre des Finances Pauline Marois

Montréal, le 20 mars 2002 - S'appuyant sur des résultats économiques meilleurs que ceux qui étaient prévus au moment de la présentation de son Discours sur le budget pour l'année 2002-2003 le 1er novembre dernier, la ministre des Finances Pauline Marois, dans son « Énoncé complémentaire » présenté le 19 mars, s'est félicitée de ce qu'elle a désigné comme la justesse de la stratégie retenue l'automne dernier par son gouvernement pour stimuler la relance de l'économie. Elle a annoncé de nouvelles dépenses budgétaires de 300 millions de dollars sur trois ans destinées à soutenir les plus démunis, comme l'indexation des prestations sociales et l'abolition de la pénalité pour les assistés sociaux qui partagent le même logement et de nouvelles réductions d'impôt pour les familles à revenus moyens et les personnes âgées, mesures avec lesquelles la FQPPU ne peut qu'être d'accord. Elle a également annoncé de nouvelles mesures de soutien à l'entreprise destinées à stimuler la croissance et la création d'emplois.

Aux yeux de la FQPPU toutefois, cet Énoncé budgétaire, au-delà des quelques amendements qu'il apporte au budget du 1er novembre dernier et du bilan chiffré qu'il présente des mesures d'investissement public mises en œuvre à la suite de l'adoption de ce budget, a davantage fourni à la ministre l'occasion de mettre en lumière les conséquences concrètes de ce problème de première importance qu'est le déséquilibre fiscal, à la suite de la publication du Rapport de la Commission présidée par M. Yves Séguin sur ce sujet. Ainsi, le gouvernement jouira de ressources supplémentaires de 778 millions de dollars pour les années 2001-2002 et 2002-2003, en raison de revenus fiscaux supplémentaires de 586 millions de dollars découlant d'une croissance plus forte que prévu, et d'une réduction du service de la dette de 192 milliards découlant de la baisse des taux d'intérêt. Mais, loin de servir à financer les dépenses budgétaires, ces ressources supplémentaires ne serviront qu'à compenser les réductions à prévoir des paiements de transfert provenant du gouvernement fédéral en raison d'un régime de péréquation aussi arbitraire qu'inéquitable.

C'est donc avec une certaine inquiétude que la FQPPU attend le dévoilement prochain des crédits gouvernementaux pour l'année 2002-2003. Tout en étant solidaire des mesures qui viennent d'être annoncées pour venir en aide aux plus démunis, la FQPPU craint que, faute de nouvelles ressources et par un jeu de vases communicants, le financement de ces mesures ait pour effet de remettre en question des sommes jusqu'ici prévues à d'autres fins, dont l'enseignement universitaire. La Fédération réitère donc avec force sa demande, maintes fois affirmée dans le passé, d'un respect minimal des engagements pris par le gouvernement lors du Sommet du Québec et de la jeunesse au printemps 2000 à l'égard d'un réinvestissement dans l'éducation. La dernière tranche du « milliard d'argent neuf sur trois ans » alors promis, soit 500 millions de dollars pour 2002-2003, doit être intégralement versée. La FQPPU rappelle que la part des universités dans ce montant est de 120 millions de dollars. S'ajoutant aux augmentations de 120 et 60 millions de dollars versées respectivement en 2000-2001 et 2001-2002, l'augmentation de 120 millions de dollars attendue pour 2002-2003 n'aura permis qu'une restauration partielle globale de 300 millions de dollars du financement annuel de base du réseau universitaire, ce qui constitue un strict minimum compte tenu des compressions draconiennes des années 1990. Il va sans dire que toute réduction éventuelle de cette restauration minimale tant attendue serait inacceptable.

Administration