Thèmes

Bibliothèque

Accès réservé

Extranet

English documents

Enseignement supérieur : des transferts fédéraux dans le respect des compétences provinciales en matière d'éducation

12 août 2005

Cécile Sabourin
Présidente de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU)

Depuis plusieurs années, le gouvernement fédéral s’ingénie à développer des programmes « ciblés » de subventions spécifiques visant à orienter les activités universitaires et accroître ainsi son ingérence dans un domaine de compétence provinciale.

Pourquoi est-ce un problème pour les universités ? Pourquoi réclament-elles plutôt des transferts qui favorisent un financement « non ciblé » ?

Le financement de base donne aux universités les moyens d’assumer leurs missions fondamentales d’enseignement, de recherche et de service aux collectivités, alors que le financement ciblé oriente les actions et force les professeures et professeurs à modifier leurs priorités de recherche et d’enseignement.

À titre d’exemple, un financement de base insuffisant entraîne, dans les universités, la mise en œuvre de règles d’allocation budgétaire qui imposent de fortes pressions compétitives entre les programmes et entre les disciplines. Il en résulte un appauvrissement de la diversité et la disparition de programmes, ce qui menace la qualité des services d’enseignement, en particulier l’accès à certaines formations pour les étudiantes et les étudiants.

Le financement ciblé, principalement orienté vers certains types de recherche, produit un déséquilibre marqué entre les disciplines et entre les objets de recherche. De manière générale, les recherches offrant le potentiel de retombées économiques espérées des pourvoyeurs de fonds remportent la mise, alors que les thèmes et trajectoires de recherche libre, fondamentale, appartenant aux sciences humaines et sociales sont relativement déclassés et très insuffisamment soutenus. Les professeures et les professeurs, tout comme les étudiantes et les étudiants qui ont besoin d’un financement pour poursuivre leurs activités ou études en viennent à privilégier les objets de recherche qui leur permettent l’accès à des fonds et à délaisser leurs propres priorités. À terme, on obtient un appauvrissement de la qualité de l’ensemble des prestations universitaires.

Si les professeures et professeurs voient, dans certains cas, d’un bon oeil des ajouts budgétaires « ciblés », c’est bien à deux conditions : premièrement que les universités disposent déjà de moyens pour bien accomplir leurs missions de base et deuxièmement que la société québécoise et les principaux acteurs universitaires participent à un vrai débat collectif pour décider du choix des priorités du financement «ciblé ».

La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) reconnaît l’enseignement supérieur comme un service public. Il appartient aux gouvernements d’en assurer le financement en respectant les règles constitutionnelles et en octroyant aux universités les budgets adéquats.

Administration