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Quel horizon pour les universités québécoises?

Arpi Hamalian
Présidente de la FQPPU

Montréal, le 8 novembre 2002 – La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) constate que le rétablissement du financement des universités ne fait pas partie des priorités présentées par le premier ministre Bernard Landry, le 6 novembre 2002, dans Horizon 2005 – Plan d’action pour un Québec meilleur. Il n’est pas réaliste de parler d’un Québec meilleur sans les piliers sur lesquels se bâtira notre avenir : nos universités.

Le premier ministre Bernard Landry a confirmé les vingt grandes actions prioritaires que son gouvernement s'engage à réaliser d'ici 2005. Parmi ces projets se trouvent : l’atteinte du plein emploi, l'adoption d'une loi contre la pauvreté et l'exclusion sociale, la mise sur pied de groupes de médecine de famille, l'amélioration de la situation dans les salles d'urgence et la réduction des listes d'attente, la création de 50 000 nouvelles places en garderie à 5 dollars, la mise en œuvre du protocole de Kyoto, le réexamen des normes du travail pour assurer une meilleure conciliation travail-famille, la poursuite de la bataille pour le règlement du déséquilibre fiscal et des congés parentaux et l'adoption d'une première politique nationale de l'eau, autant d'objectifs auxquels la FQPPU souscrit.

Par contre, il faut constater que le rétablissement du financement des universités ne fait pas partie de ces priorités. À ce sujet, l’allocution du Premier ministre rappelle tout au plus qu'un « réinvestissement majeur a été réalisé parallèlement à la signature de contrats de performance définissant des paramètres d'efficacité», laissant entendre qu'aux yeux du gouvernement, l'effort de refinancement instamment réclamé par les universités aurait déjà été fait et qu'il ne faudrait pas s'attendre à plus. Du point de vue de notre Fédération, l’estimation que fait ainsi le gouvernement sous-estime grandement la fragilité financière des universités au Québec, et elle néglige complètement les besoins criants de nos institutions.

À cet égard, il n’est pas inutile de signaler que l’investissement lié aux contrats de performance ne permettra même pas aux établissements universitaires de retrouver leur niveau de financement d’avant les coupures des années 90. De plus, il faut rappeler que cette période de définancement s’est traduite par des pertes considérables dans le milieu universitaire, dont au moins 1000 postes de professeurs, un très grand nombre de postes de personnel de recherche ou de soutien, la fermeture de programmes à tous les cycles et un retard considérable dans la mise à jour de l’infrastructure de soutien, notamment aux bibliothèques, à l’informatique et aux laboratoires. Il est impérieux que le financement de base des universités québécoises soit rétabli dans les meilleurs délais afin de ne pas mettre plus longtemps en péril l’investissement important que notre société a consenti aux universités au cours des quarante dernières années et qui, dans la situation actuelle, menace de péricliter.

Pour ce qui est des mesures en faveur de l’accessibilité aux études universitaires, le gouvernement rappelle qu'il s'est aussi engagé à maintenir le gel des frais de scolarité, ce que la FQPPU a déjà accueilli avec satisfaction. Par ailleurs, au chapitre de l'enseignement postsecondaire, la seule mesure qui figure parmi les priorités annoncées est le développement de créneaux d'expertise dans les cégeps et les universités en région, ceci sans pour autant rassurer le public sur le maintien de la vocation générale de ces établissements universitaires.

Dans le domaine de l'éducation, c'est au niveau de l'enseignement secondaire que le projet gouvernemental concentre ses efforts, avec l'annonce d'un vaste plan d'amélioration de l'encadrement parascolaire, dont l'utilité n'est évidemment pas à remettre en question. La FQPPU regrette toutefois que la mise en œuvre de mesures qui sont jugées prioritaires à ce niveau d'éducation doive signifier l'arrêt d'efforts tout aussi nécessaires qui venaient à peine d'être entrepris au niveau universitaire, bien avant d'avoir atteint leur but. Les acteurs de l’encadrement parascolaire et scolaires sont toutes et tous formés dans nos universités. Tous les efforts annoncés dans le projet du gouvernement resteront des vœux pieux sans un réinvestissement systématique et continu dans nos universités.

De plus, pour réaliser ses engagements, le gouvernement annonce son intention de constituer une enveloppe spéciale de 1,3 milliards de dollars d'ici 2005. Mais, pour l’année financière en cours, il ne compte pouvoir dégager que 100 millions de dollars, somme rendue disponible à partir de réaménagements budgétaires au sein des ministères.

C’est donc à regret que la FQPPU constate l’absence de la problématique universitaire dans le plan d’action annoncé par le premier ministre, monsieur Bernard Landry, et elle ne peut que souligner, avec insistance, combien nous sommes encore loin du but pour ce qui est du rétablissement du financement de base des universités au Québec. La FQPPU, avec ses partenaires universitaires, poursuivra son action en faveur d’une université de qualité, compétente et accessible pour un Québec meilleur.

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