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5. Conclusion

Les universités québécoises ont fait face à des difficultés majeures au cours de la dernière décennie. D’une part, elles ont subi d’importantes réductions dans le financement provenant de sources publiques, créant pour l’année 2002-2003 un écart négatif de financement de 375,3 millions de dollars par rapport aux universités des autres provinces canadiennes. Parallèlement, elles ont été soumises à des politiques gouvernementales visant à réorienter la mission universitaire vers des besoins de main-d’œuvre et de développement économique de la société du « savoir ». Ces politiques ont aussi servi à augmenter le contrôle du Gouvernement sur les activités et les orientations des universités par l’entremise de modes de financement qui, d’une part, encouragent les universités à modifier leurs comportements en fonction des priorités stratégiques de l’État et, d’autre part, arriment imputabilité par contrats de performance et contrôle des finances publiques.

De l’avis de la FQPPU, ces tendances risquent gravement de compromettre la qualité et l’accessibilité de l’enseignement supérieur au Québec. En effet, la philosophie managériale qui guide présentement les orientations gouvernementales à l’égard de l’enseignement supérieur et de la recherche universitaire est en voie de créer une université axée sur des besoins de marchés, où la compétition règne et où seuls les secteurs dits « performants » jouissent d’une reconnaissance et par conséquent, d’un financement approprié. Cette conception de l’Université est en opposition complète aux principes fondamentaux qui sous-tendent sa mission et que défend avec vigueur la FQPPU depuis plusieurs années.

La Fédération rappelle donc au Gouvernement que l’Université doit, d’abord et avant tout, constituer un foyer de création qui assure la transmission des connaissances, mais aussi celle des valeurs fondamentales de coopération, de solidarité, de partage et de paix, et ce dans le contexte de l’exercice de sa fonction critique.

La Fédération rappelle aussi au Gouvernement que sa politique de financement des universités doit absolument prendre en compte la nécessité d’assurer le rattrapage puis le maintien d’un financement adéquat que réclament les principaux intervenants du monde universitaire.

La Fédération soulève, par ailleurs, dans son mémoire un nombre important de questions et fait un certain nombre de recommandations ; parmi ces dernières, on retiendra en particulier que :

La Fédération insiste avec force sur l’impérieuse nécessité de garantir un financement qui permette de relever le défi du recrutement massif de professeures et de professeurs qui nous confronte et d’assurer ainsi la poursuite de la mission universitaire tout en contribuant à la revalorisation de la carrière professorale ;

La Fédération réclame l’adoption de politiques de financement qui favorisent le développement équitable de tous les établissements du réseau universitaire québécois dans le respect de leur diversité ;

La Fédération insiste pour que l’on maintienne le gel des doits de scolarité et que l’on ne considère l’hypothèse d’un éventuel dégel qu’à la condition de soumettre d’abord la question à un large débat public qui ne porterait que sur la thématique des droits de scolarité et des frais afférents ;

La Fédération constate que le financement des frais indirects de la recherche constitue pour l’Université un fardeau considérable qu’elle s’est imposée à l’occasion de sa quête de sources de financement ; la Fédération s’indigne du fait que la part du financement de ces frais qui est assumée à même le financement public de l’Université constitue un avantage indu pour les organismes publics ou privés qui en bénéficient ;

La Fédération réclame de nouveau la création d’une Commission nationale des Universités.

Table des matières
4. Considérations et recommandations | 6. Rappel des principes fondamentaux et des recommandations

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