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Octobre 2008

Bulletin de la FQPPU - vol. 3 no 2

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UN AUTOMNE CHAUD

o Et un numéro d’À Bâbord! sur la crise des universités

D'UN COLLOQUE À L'AUTRE

o Prochain rendez-vous : Faut-il reconstruire l’université ?

ORGANISATION ET GESTION UNIVERSITAIRE

o Démystifier la NGP
o Un projet de loi qui appellera la mobilisation

SCIENCES ET DÉMOCRATIE, UN RÉSEAU À CONSTRUIRE AU QUÉBEC, AU CANADA, DANS LE MONDE

UNE ATTEINTE INTOLÉRABLE À LA LIBERTÉ D'EXPRESSION: LE CAS DE NOIR CANADA

SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE

DES NOUVELLES DE LA FQPPU

o Une année de renouvellement du Comité exécutif
o Un DVD pour stimuler la discussion sur l’université et le métier de prof

COIN DU LECTEUR 



UN AUTOMNE CHAUD !

L’année 2008-2009 marquera une étape cruciale dans la vie universitaire, pour de bonnes et de moins bonnes raisons que détaille le message de la rentrée de la FQPPU. Poursuite des travaux visant à documenter le financement des universités – notamment au plan des immobilisations, premiers résultats de l’enquête sur les conditions de travail du corps professoral, projet de loi et Commission parlementaire annoncés sur la gouvernance des établissements universitaires et un colloque pour faire le point sur l’université qu’on a et celle qu’on voudrait pour l’avenir ; autant de dossiers qui vont nous mobiliser au cours des prochaines semaines.

Et un numéro d’À Bâbord ! sur la crise des universités

Le numéro d’octobre-novembre de la revue sociale et politique À Bâbord ! traite non seulement des problèmes financiers des universités – l’aspect qui paraît le plus, mais aussi de la crise sociale, politique et culturelle qui secoue l’institution. Piloté par Jacques Pelletier qui en signe l’éditorial avec Normand Baillargeon, ce nouveau numéro réunit des textes de professeurs et d’étudiants des cycles supérieurs de divers établissements à travers le Québec. Au nombre des auteurs, se retrouvent Cécile Sabourin et Pierre Hébert du Comité exécutif de la FQPPU, et Frédéric Deschenaux, président du comité sur le corps professoral de la fédération. Disponible en kiosque à partir du 6 octobre.

D’UN COLLOQUE À L'AUTRE

À qui appartient l’université ? le colloque annuel que la FQPPU tenait dans le cadre de l’Acfas à Québec le 8 mai dernier fut un grand succès. Un bref compte-rendu du colloque, rédigé par Frédéric Deschenaux, est notamment accompagné des textes de Pierre Lucier qui présentait la conférence d’ouverture, d’Amélie Descheneau-Guay qui abordait La NGP et la gouvernance universitaire – pour une repolitisation des enjeux administratifs, de Bernard Robaire venu présenter Des acquis à préserver et des défis à relever pour les universités québécoise, (avis de la Commission sur l’enseignement et la recherche universitaires du Conseil supérieur de l’éducation), et de Marie Blais qui traitait des effets de la privatisation sur la vision de l’enseignement supérieur.

Prochain rendez-vous : Faut-il reconstruire l’université ? 

Dans le but d’approfondir nos analyses et nos échanges sur l’université québécoise et son avenir, la FQPPU convie toutes les personnes intéressées au colloque qu’elle organise à Montréal les 6 et 7 novembre sous le thème Faut-il reconstruire l’université québécoise ? Ce colloque se tiendra sous la présidence d’honneur du professeur Guy Rocher. Nous vous invitons à mettre ce colloque à votre agenda : programme détaillé et formulaire d’inscription sont à votre disposition sur notre site.

ORGANISATION ET GESTION UNIVERSITAIRES

Démystifier la NGP

Sous le titre Démystifier la gouvernance universitaire dans une « économie du savoir » : les discours de légitimation de la restructuration managériale de l’université, Amélie Descheneau-Guay présente une analyse fouillée du discours dominant sur l’économie du savoir et de son application dans les universités. En démontrant pas à pas comment les principes de la gestion en réseau, caractéristique de la nouvelle gestion publique (NGP), sont appliqués dans les universités québécoises afin d’asservir celles-ci aux impératifs du marché, ce texte est indispensable à la compréhension de la genèse et des conséquences de cette approche gestionnaire.

Un projet de loi qui appellera la mobilisation

L’ouvrage d’Amélie Descheneau-Guay arrive à point nommé pour enrichir la réflexion et l’argumentation de ceux et celles qui voudront réagir au projet de loi sur la gouvernance universitaire que la ministre Courchesne doit déposer cet automne et que suivra une Commission parlementaire. Il faudra en effet que le corps professoral fasse entendre sa voix haut et fort car les premiers échos laissent présager que la ministre suivra l’esprit et la lettre du Rapport de l’IGOPP qu’ont dénoncé vigoureusement la FQPPU et les autres membres de la Table des partenaires universitaires. Ces prises de position se trouvent concentrées sur l’espace « gouvernance » du site de la Fédération.

SCIENCES ET DÉMOCRATIE, UN RÉSEAU À CONSTRUIRE AU QUÉBEC, AU CANADA, DANS LE MONDE

Le Comité exécutif de la FQPPU s’est engagé à contribuer à l’émergence d’un réseau québécois en faveur de la démocratisation et de l’appropriation des sciences et des technologies. Plus précisément, il vise à étendre le champ de la démocratie à la sphère scientifique et technique et à renforcer le dialogue politique entre les acteurs de la recherche et les mouvements sociaux pour défendre :

  • les connaissances de l'humanité comme biens communs;
  • la possibilité pour les chercheurs d'exercer leur responsabilité sociale;
  • l'autonomie et les missions de service public de la recherche;
  • l'amélioration des conditions des étudiants, chercheurs et ingénieurs;
  • les partenariats entre mouvements citoyens et les institutions de la recherche.

Cette initiative s’inscrit dans un processus international déjà initié en France, au Brésil et en Inde qui, au nombre de ses préoccupations, soutient et prépare un Forum social « Sciences et démocratie ». Information et appel à participation.

UNE ATTEINTE INTOLÉRABLE À LA LIBERTÉ D'EXPRESSION: LE CAS DE NOIR CANADA

La FQPPU a trouvé important de dénoncer les poursuites abusives intentées par les minières Barrick Gold et Banro contre Écosociété suite à la publication de Noir Canada – Pillage, corruption et criminalité en Afrique. Les auteurs, Alain Deneault avec Delphine Dabadie et William Sacher et la petite maison d’édition sont sous le coup de deux poursuites-baillons totalisant 11 millions de dollars pour avoir publié un ouvrage rigoureusement documenté à partir de rapports crédibles, publics et accessibles à qui le voulait. Ces pressions inadmissibles renforcent l’urgence d’une législation garantissant la liberté d’expression et empêchant de telles pratiques de censure. On trouvera sur le site slapp Écosociété différents moyens de soutenir cette cause.

SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE

Les organisations syndicales de l’enseignement supérieur, en particulier l’Internationale de l’Éducation (IE) qui suit activement le dossier au nom de ses membres, obtiennent un léger sursis avec les ratés des échanges dans le cadre des négociations de l’OMC au cours de juillet 2008. Ce n’est pourtant que partie remise et les fédérations syndicales et étudiantes au Québec et au Canada doivent maintenir leur vigilance alors que, non seulement les négociations bilatérales persistent, mais qu’une rencontre des ministres du commerce pourrait être convoquée en septembre. Pour plus de détails, voir la section AGCS et Mondialisation du site de l’IE.

L’IE, pour ses membres, suit aussi de très près le projet expérimental Assessment of Higher Education Learning Outcomes (AHELO) que l’OCDE a décidé de mener lors de la rencontre informelle des membres tenue en janvier dernier à Tokyo.

La FQPPU a fait connaître ses points de vue et analyses aux ministres responsables de ces dossiers.

DES NOUVELLES DE LA FQPPU

Une année de renouvellement du Comité exécutif

C’est à sa réunion de février que le Conseil fédéral élira le prochain comité exécutif de la FQPPU ; le mandat de deux ans des officiers en poste arrivant à échéance le 31 mai 2009. Le « règne » du présent CE aura été marqué par l’apport significatif de nombreux professeurs et professeures aux travaux des comités, ainsi qu’aux séminaires et colloques que tient la Fédération. Nous voulons remercier ces précieux collaborateurs et collaboratrices qui permettent d’enrichir les réflexions, les analyses et les prises de position de la FQPPU. Nous tenons à inviter tous ceux et celles qui souhaitent collaborer aux travaux de recherche et de concertation à ne pas hésiter à nous proposer des thèmes ou des pistes d’intervention.

Un DVD pour stimuler la discussion sur l’université et le métier de prof

La FQPPU diffusera cet automne L’université québécoise – Recoller les morceaux un DVD réalisé par la vidéaste Caroline Martel des productions artifact, auquel ont généreusement collaboré cinq professeures et professeurs qui partagent leur point de vue sur la vie universitaire et leur attachement à cette institution essentielle. La Fédération propose donc ce nouvel outil pour nourrir la réflexion du corps professoral et de toute personne intéressée. Il sera disponible à compter du 23 octobre. N’hésitez pas à en faire la demande.

COIN DU LECTEUR

Richard Sennett (2006), La culture du nouveau capitalisme, Paris, Éditions Albin Michel pour la traduction française, Coll. « Bibliothèque Albin Michel Idées »

Notes de lectures de Roger de la Garde, professeur et collègue associé

Ce que l’auteur cherche à démontrer c’est que la grande bureaucratie peut à la fois créer de la solidarité comme de l’oppression. Ancien militant de la Nouvelle Gauche des années 1960 pour qui « le socialisme d’État et les multinationales avaient tout l’air de prisons bureaucratiques », il est témoin du démantèlement des bureaucraties rigides. Mais contraire aux attentes, « L’éclatement des institutions n’a pas produit davantage de communauté […] des relations face-à-face de confiance et de solidarité, des relations constamment négociées et renouvelées, un champ communautaire où chacun deviendrait sensible aux besoins d’autrui. » (p. 12)

Avec l’arrivée du nouveau capitalisme « la bureaucratie s’est réorganisée ». Selon Sennett, la récente « poussée de croissance mondiale a sans doute procuré de nombreux bénéfices, mais certainement pas une meilleure qualité de vie institutionnelle. » (p. 146) Il dresse un liste des effets négatifs de cette bureaucratie « réorganisée » : « les nouvelles institutions […] ne sont ni plus petites ni plus démocratiques ; le pouvoir centralisé s’est plutôt redéployé, au prix d’une scission du pouvoir et de l’autorité. Les institutions n’inspirent qu’une faible loyauté, elles réduisent la participation et les échelons intermédiaires de commandement, elles engendrent de faibles niveaux de confiance informelle et de forts niveaux de crainte de devenir inutile. Au cœur de cette dégradation sociale, se trouve un cadre temporel institutionnel abrégé ; l’arête tranchante a tiré parti de relations humaines superficielles. Ce même cadre raccourci a désorienté les individus dans leurs efforts pour planifier stratégiquement le cours de leur vie et estompé la force disciplinaire de l’ancienne éthique du travail fondée sur une gratification différée. » (p. 146-147) Ajoutons à ces effets négatifs la perte du métier, de la loyauté, de l’attachement au service public et ce que l’auteur nomme le « fil narratif » personnel de chacun.

La liste des effets positifs est plus courte et plus ciblée : « la répudiation de la dépendance, le développement de son potentiel, la capacité de dépasser la possessivité. » (p, 147)

Alors que l’étude de Sennett vise la bureaucratie qui s’est réorganisée « dans les secteurs économiques avancés de la finance mondiale, de la technologie, des médias et du marchandisage », elle contient à mon avis des leçons qui s’appliquent aux universités. Cet essai, de lecture agréable, aiguise notre regard critique sur l’université d’aujourd’hui à la fois dans ses aspects positifs et négatifs.

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