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Pas de réinvestissement dans les universités - Rien pour la recherche fondamentale, tout pour la commercialisation

Montréal, le 20 février 2007 – Peu est dit dans le budget déposé aujourd’hui sur les universités. Beaucoup en avait été dit avant : l’annonce du dégel des droits de scolarité, la promesse d’un réajustement du financement de base dans l’hypothèse d’un règlement du déséquilibre fiscal et l’annonce de la Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation.

En sursis depuis quatre ans en raison d’un engagement électoral ferme du parti libéral, le dégel des droits de scolarité vient d’être décrété à la veille de la présentation du budget et du déclenchement des élections. La hausse de 50$ par session la première année, augmentant graduellement jusqu'à 250$ la cinquième année en 2011-2012, apportera 18 millions$ dans les coffres de l’ensemble du réseau universitaire la première année, 36 millions$ la deuxième et jusqu’à 90 millions$ dans cinq ans. Le budget déposé aujourd’hui annonce une mince augmentation de 120 millions$ par année pour l’ensemble du réseau postsecondaire, c’est-à-dire les universités et les collèges.

Ces sommes minimes ne règlent en rien le problème du financement des universités qui réclament depuis 2003 des crédits supplémentaires annuels récurrents alors évalués à 375 millions$ pour l’ensemble du réseau de manière à élever leur financement au niveau de celui des universités canadiennes. La plus récente réévaluation de ce montant se chiffre à environ 450 millions$.

Obsédé par la réduction de l’endettement public dont le poids relatif diminue pourtant de lui-même avec la croissance du produit intérieur brut, le gouvernement ne semble pas préoccupé de provoquer un accroissement de l’endettement privé, celui des étudiantes et des étudiants dont l’accès à l’université sera ainsi découragé.

Le gouvernement dit vouloir faire du développement des régions sa préoccupation principale. Mais les propositions qu’il met de l’avant dans son budget sont de la poudre aux yeux dans la mesure où les universités en régions, qui sont l’un des principaux piliers de leur développement, continueront, comme l’ensemble du réseau universitaire, à être privées des fonds leur permettant de jouer le rôle fondamental qui leur incombe. Dans les régions comme dans les grands centres, l’investissement dans l’enseignement supérieur et la recherche universitaire est une condition incontournable de la croissance de la productivité et de la création de richesses pour les générations futures comme pour la génération actuelle.

Tout aussi inquiétante est la Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation rendue publique en décembre dernier, essentiellement axée sur la commercialisation et la valorisation de la recherche et dont le seul objectif est le développement de la compétitivité. Le budget présenté aujourd’hui réaffirme cette politique. Il n’accorde rien de neuf pour la recherche universitaire fondamentale et libre alors qu’il annonce des crédits de 1,2 milliards $ sur trois ans pour favoriser la commercialisation des résultats de la recherche.

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