Montréal, 21 mars 2007 – La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) exprime sa déception devant les propositions de transferts prévus pour l’enseignement postsecondaire dans le budget fédéral présenté par le ministre Flaherty le 19 mars à Ottawa.
À plusieurs reprises au cours des dernières années, la FQPPU a réclamé de la part des gouvernements un financement de base accru et stable pour les universités afin de leur permettre d’accomplir leurs missions fondamentales.
En décembre 2005, la FQPPU s’est associée au gouvernement québécois et à plusieurs partenaires de l’enseignement supérieur pour réclamer un réinvestissement fédéral significatif en éducation postsecondaire, notamment pour corriger la situation provoquée par la diminution du transfert canadien en matière de programme sociaux depuis 1994-1995. Au Sommet du Conseil de la fédération sur l’éducation postsecondaire et la formation professionnelle en février 2006, un large consensus pancanadien s’est exprimé sur la nécessité de hausser ce transfert de 4,9 milliards de dollars. Pour le Québec, cela signifie une enveloppe de 1,2 milliard afin de permettre d’assurer le réinvestissement dans les réseaux collégial et universitaire.
Le budget fédéral 2006 ne propose rien de significatif. Pour l’année 2007-2008, cela est très simple… et catastrophique : il n’y a rien. Pour 2008-2009, la somme de 800 millions de dollars prévue pour l’enseignement postsecondaire dans l’ensemble du Canada se traduira par un versement d’environ 200 millions pour les réseaux collégial et universitaire du Québec. Tous les partenaires de l’enseignement supérieur s’accordent sur le fait que cette somme demeure nettement insuffisante et ne permettra pas de répondre aux besoins criants de l’enseignement supérieur.
Par ailleurs, la FQPPU déplore que le gouvernement fédéral profite de chaque budget pour accroître ses interventions dans les domaines de compétence provinciale. Par l’instauration de programmes ciblés à des fins particulières, il pousse les universités à orienter leurs priorités institutionnelles afin de décrocher les subventions qui, à prime abord, paraissent combler leur sous-financement. Ce n’est malheureusement pas sans conséquences. À titre d’exemple, en choisissant de verser la somme de 510 millions de dollars à la Fondation canadienne pour l’innovation au lien de majorer les transferts fédéraux en matière d’enseignement supérieur, le gouvernement fédéral confirme sans nul doute son intention de privilégier les impératifs économiques de l’innovation et de la compétition sur les considérations éducatives et sociales, ce qui risque de provoquer un appauvrissement de l’ensemble des prestations universitaires.
La déception est d’autant plus grande que le budget fédéral fait la démonstration que le gouvernement dispose des moyens financiers de solutionner de manière définitive les problèmes dont il a contribué à affliger les universités depuis plus de dix ans.