C’est une situation historique, qui depuis sa création en 1991 n’était jamais advenue à la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) : douze de ses syndicats membres, un peu partout au Québec, se trouvent présentement en négociation ou le seront très bientôt.

Cette situation unique survient dans un contexte où les conditions de travail des professeur·e·s se sont dégradées à bien des égards au cours des dernières années. Les effectifs étudiants ont crû de 93 % et de 109 % aux 2e et 3e cycles, et les diplômes émis ont doublé en vingt ans, alors que le corps professoral n’a crû que de 19,5 %. Les professeur·e·s sont plus investi·e·s que jamais en recherche, publiant 2,5 fois plus d’articles scientifiques qu’il y a vingt ans, mais la compétition s’est elle aussi intensifiée, de sorte que la proportion de titulaires de subvention a chuté. Au cours de la même période, la charge administrative des professeur·e·s s’est considérablement accrue, avec une multiplication des exigences de reddition de compte, une complexification inutile des processus bureaucratiques et une diminution du soutien administratif. Ces changements prennent place dans un cadre où le financement des universités a été lourdement affecté par les compressions budgétaires, ne retrouvant jamais le niveau antérieur, pourtant estimé insuffisant.

Tout ceci a engendré une pression croissante sur les professeur·e·s, qui vivent actuellement une situation de surcharge de travail qui affecte leur capacité à faire correctement leur travail d’enseignement et de recherche – de même que leur santé.  En effet, selon des recherches effectuées en 2021 et 2022, ce sont 80,7 % des professeur·e·s d’université qui déclarent être en surcharge de travail ; plus de la moitié du corps professoral est en détresse psychologique élevée. Dans un tel contexte, on peut s’inquiéter sérieusement de la capacité des universités québécoises à recruter et à retenir les spécialistes de haut niveau dont elles ont besoin pour mener à bien leur mission d’intérêt public.

La FQPPU souligne donc l’urgence de réaffirmer collectivement la valeur qui doit être accordée à la recherche et à l’enseignement supérieur au Québec. « Il faut se demander : les conditions sont-elles réellement réunies, dans nos universités, pour former la relève savante prête à relever les défis de demain et à développer des solutions innovantes aux problèmes que nous rencontrons ? » affirme Michel Lacroix, président de la FQPPU.

Dans les prochaines semaines, la FQPPU et ses syndicats membres continueront de mettre en lumière les enjeux qui font l’objet des négociations actuelles, ainsi que les lacunes et entraves qui empêchent les professeur·e·s d’apporter leur pleine contribution au développement et à la transmission des savoirs.


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