Montréal, le 13 décembre 2019 – C’est avec enthousiasme que la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) accueille le rapport du Conseil supérieur de l’éducation (CSÉ), intitulé « Les réussites, les enjeux et les défis en matière de formation universitaire au Québec ». Elle salue le travail de la Commission de l’enseignement et de la recherche universitaires qui, par cette publication, soulève des enjeux incontournables pour l’avenir de l’enseignement universitaire au Québec.

La scolarisation universitaire au Québec

La FQPPU appuie les recommandations formulées au ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur en matière de scolarisation universitaire, soit de valoriser la poursuite des études universitaires en se dotant d’une politique pour rehausser la scolarisation universitaire au Québec (Rec. 1) et de créer un groupe de travail pour étudier les disparités en matière d’accès à la formation universitaire (Rec. 2).

Elle soutient aussi l’idée que le déploiement de l’offre universitaire sur le territoire québécois soit mieux documenté (Rec. 3), notamment le phénomène de la délocalisation, ce afin d’améliorer l’accessibilité et le bon usage des ressources.

Les cheminements scolaires 

Concernant la flexibilité des parcours scolaires, la FQPPU soutient depuis longtemps le développement de passerelles entre les études collégiales et universitaires (Rec. 4), notamment par le biais d’ententes DEC-BAC.

En ce qui a trait à l’idée d’offrir des formations au personnel enseignant visant à lui donner des outils pour offrir de meilleurs services aux étudiants ayant des besoins particuliers (Rec. 7), la FQPPU préconise que le traitement et le suivi de ces services soient pris en charge par un guichet unique au sein de chacune des institutions universitaires, de manière à assurer un traitement équitable et uniforme des demandes.

Le CSÉ préconise par ailleurs de consolider des pratiques externes d’évaluation des programmes d’études (Rec. 8). Selon la FQPPU, l’implication d’un organisme externe est susceptible de conduire à des contresens et à des lectures peu propices au maintien des équilibres au sein des programmes, notamment parce que les mécanismes d’assurance-qualité utilisés décontextualisent les décisions académiques prises dans les unités d’enseignement. Dans ses prises de position antérieures, la FQPPU a régulièrement plaidé pour la création d’un Conseil des universités, qui aurait, entre autres, pour mandat d’évaluer les projets de nouveaux programmes d’études et les programmes d’études existants. Cette évaluation serait alors faite par un organisme composé majoritairement de membres de la communauté universitaire.

De façon plus générale, le rapport de la CÉRU recommande à plusieurs reprises que soient créés des groupes de travail pour faire avancer la réflexion publique sur divers enjeux. Selon la FQPPU, plusieurs de ces chantiers de travail auraient justement pu être délégués à un Conseil des universités préconisé par une majorité d’acteurs du milieu universitaire.

L’encadrement de la formation universitaire

En matière d’encadrement de la formation universitaire, la FQPPU est parfaitement d’accord avec le CSÉ lorsqu’il affirme que « les universités sont reconnues par le législateur comme des établissements bénéficiant d’une liberté académique et d’une autonomie de gestion dans leur mission d’enseignement, de recherche et de service à la collectivité [et] qu’en vertu de ce statut [elles] sont ultimement responsables de leurs programmes d’études et des grades qu’elles accordent pour en sanctionner la réussite ».

À cet égard, la Fédération appuie fortement la recommandation invitant l’Office des professions du Québec (OPQ) à véhiculer un message clair auprès des ordres professionnels et des universités quant à la délimitation de leurs responsabilités respectives (Rec. 9).

Cependant, la FQPPU est aussi vivement préoccupée par le fait que le CSÉ recommande de solliciter l’OPQ pour qu’il effectue l’arbitrage entre les universités et les ordres professionnels en cas de désaccord en ce qui a trait à la formation (Rec. 10). Cette recommandation nous apparaît incompatible avec l’autonomie de gestion des universités et la liberté académique du corps professoral et enseignant de déterminer le contenu de leurs cours.

Le lien entre la formation et l’emploi

La FQPPU accueille positivement les recommandations sur l’amélioration des conditions de stage (Rec. 11), notamment de préciser les responsabilités des différents acteurs impliqués dans les stages étudiants et l’importance d’attribuer aux stages les ressources nécessaires.

En ce qui a trait à la recommandation d’intégrer des activités de transférabilité des compétences (Rec. 13) dans les programmes de doctorat de 3e cycle, la FQPPU se questionne toutefois sur la pertinence que ces activités soient considérées à titre de formation créditée. Elle préconise que les activités ayant pour objet la transférabilité des compétences soient offertes par le biais des bureaux de service aux étudiants.

L’université : lieu de culture, de savoir et d’épanouissement

La FQPPU accueille positivement plusieurs des dernières recommandations du rapport, qui plaident pour que l’université québécoise soit plus sensible à la finalité sociale et collective des études universitaires.

Bien qu’elle soit favorable à envisager l’interdisciplinarité comme une piste permettant de répondre à plusieurs des défis auquel le Québec aura à faire face dans le futur, la FQPPU demeure persuadée, à l’instar de ce que stipule la Recommandation 15, que pour être capable de s’ouvrir à l’interdisciplinarité, il faut d’abord être en mesure « d’ancrer la formation disciplinaire dans une solide formation élargie en situant la discipline dans l’ensemble des savoirs. »

Enfin, la FQPPU s’inquiète de la Recommandation 17, qui plaide pour qu’un groupe de travail ait pour mandat de « cerner les disciplines susceptibles de ne plus être enseignées dans les universités québécoises et examiner les moyens à privilégier afin de maintenir une offre de formation relative à ces disciplines dans le système universitaire québécois ». La Fédération est d’avis que la valeur d’une discipline ne s’évalue pas à l’aulne du nombre d’inscriptions qu’elle suscite, mais bien selon son intérêt intrinsèque pour l’avancement des connaissances et la formation de la relève dans un champ disciplinaire donné.

Poursuivre la réflexion sur l’avenir des universités

La FQPPU remercie le Conseil supérieur de l’éducation d’avoir posé les premiers jalons d’une réflexion qui est appelée à se poursuivre sur la formation universitaire au Québec. La Fédération demeure à la disposition du ministre Roberge et des autres acteurs du milieu universitaire pour contribuer à l’élaboration de politiques structurantes pour l’avenir des universités québécoises.

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Depuis 1991, la FQPPU est l’instance de concertation et de représentation du corps professoral universitaire québécois.

Source :   Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU)
www.fqppu.org
Renseignements :   Hans Poirier, 514-843-5953 (bureau) 514-755-5858 (portable)

 


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