POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

Montréal, le 7 octobre 2021

Ce projet constitue une grave atteinte à la participation des personnes professeures au fonctionnement de leur institution.

Au cours de la dernière année, le grand public prend peu à peu connaissance du rôle fondamental de la liberté académique chez les personnes professeures. Cette dimension de la vie universitaire est désormais mieux comprise qu’auparavant. On accorde collectivement de plus en plus d’importance aux mesures qui doivent être prises pour maintenir l’indépendance intellectuelle et scientifique des enseignant-e-s et des chercheur-euse-s universitaires. Les pouvoirs publics prennent eux aussi conscience de l’importance de protéger et de garantir la liberté académique, afin que les professeur-e-s soient en mesure d’accomplir leurs tâches à l’abri des influences doctrinales. Il est clair désormais au Québec que cette question, loin de concerner seulement le corps enseignant, est en fait d’intérêt public puisque les universités œuvrent au bien commun de notre société par leurs recherches réalisées, par leurs enseignements et formations dispensées ainsi que par les expertises qu’elles partagent, par exemple dans les médias.

Les citoyens sont moins au courant de l’importance de la participation des professeur-e-s au fonctionnement de leurs institutions. C’est une caractéristique très ancienne et fondamentale des universités de confier un rôle central à la communauté des professeur-e-s, appelée souvent le « collège professoral », la responsabilité de participer à la détermination des orientations de l’université. Cette « collégialité », qui s’exerce avec l’apport des étudiant-e-s et chargé-e-s de cours, fait en sorte par exemple que les professeur-e-s contribuent aux décisions administratives, aux choix des programmes à modifier ou à développer, aux investissements à prioriser, aux politiques à adopter pour assurer le bon fonctionnement de l’université, etc. Il s’agit d’un fonctionnement institutionnel particulier qui n’a pas d’équivalent dans d’autres services publics comme les tribunaux, les hôpitaux, les centres de services, etc.

Or depuis une trentaine d’années, une approche gestionnaire et clientéliste de nos   universités s’installe de plus en plus comme « modèle de gouvernance » des universités, principalement au sein des conseils d’administration de nos institutions universitaires. On a vu évoluer par exemple la composition de ces conseils de manière à diminuer le poids relatif des professeures et des membres de la communauté au profit d’un poids toujours plus important pour les membres de la communauté des affaires.  Les universités se trouvant au cœur de nombreuses questions sociales et économiques, certains croient que ce changement est une fatalité. Cependant ces changements ont eu pour effet de diminuer le rôle de la collégialité, voire de l’effacer, au profit d’une méthode de gestion de type comptable, moins axée sur l’intérêt public que sur le développement de projets privés.

Ce qui se déroule actuellement à l’Université Laval avec le projet de modification des Statuts, et  que le Syndicat des professeurs et professeures (SPUL) dénonce avec raison, est une réforme subreptice – déposée en plein été alors que le conseil universitaire ne siégeait pas – et qui aurait pour effet de diminuer le rôle du fonctionnement collégial et de minorer l’apport documenté que le corps professoral de l’Université Laval exerçait en tant que participant de plein droit de l’administration universitaire, par exemple au sein du Conseil universitaire. Le SPUL a publié une analyse détaillée des impacts très négatifs que ces modifications des Statuts entraîneraient, et la FQPPU abonde dans le sens des collègues du SPUL.

Les Conseils d’administration de nos universités ne doivent pas se doter de pouvoirs additionnels au détriment de la communauté des professeur-e-s, ils ne doivent pas non plus céder à la centralisation gestionnaire et à une approche comptable issue du milieu des affaires, car il est établi qu’il s’agit là d’une méthode administrative inadéquate pour les universités, puisque celles-ci sont vouées à la création et à la diffusion des savoirs. Il faut donc protéger l’intérêt public en renforçant – et non en minorant – le fonctionnement collégial. Le projet actuel de réforme des Statuts de l’Université Laval va donc dans la mauvaise direction.

La FQPPU, qui représente l’ensemble des 8200 professeur-e-s des 18 universités québécoises, demande en conséquence le retrait immédiat de ce projet de réforme des Statuts de l’Université Laval. La Fédération invite l’Administration D’Amours de l’Université Laval à négocier une entente avec les représentants des professeur-e-s, membres de l’exécutif du SPUL, de manière à établir des solutions qui soient à la fois consensuelles pour la communauté professorale et respectueuses de la participation de ces dernières au fonctionnement de leur institution.

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Depuis 1991, la FQPPU est l’instance de concertation et de représentation du corps professoral québécois.

Renseignements :
Jean Portugais, Président de la FQPPU
514-843-5953
www.fqppu.org
facebook.com/fqppu
Twitter : @FQPPU


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