Le 7e Congrès mondial de l’Internationale de l’Éducation s’est officiellement ouvert mardi le 21 juillet en début de soirée. La cérémonie d’ouverture a été l’occasion pour le bureau exécutif de l’IE, ainsi que les organisations affiliées canadiennes, de souhaiter la bienvenue aux 1700 délégués internationaux présents pour l’occasion. La présidente de l’IE, Susan Hopgood, a offert un discours apprécié des délégués, où elle s’est penchée sur les défis à relever pour les organisations syndicales en éducation au cours des quatre prochaines années. Elle a aussi dénoncé l’attitude de nombreux États – dont le Canada – à l’égard des syndicats en éducation et a rappelé que si ce dernier a une bonne réputation à l’international et une longue tradition en tant que pays progressiste, cette réputation n’était pas « inscrite dans le roc ». Enfin, elle a mentionné la volonté de l’IE de dorénavant consacrer plus d’efforts aux questions environnementales, notamment les changements climatiques, qui « affectent la vie partout sur la planète ».

Dans le cadre de cette cérémonie d’ouverture, plusieurs autres dignitaires et responsables politiques ont aussi pris la parole, notamment Guy Ryder de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui a salué l’IE, la considérant comme « l’une des plus impressionnantes réussites du mouvement syndical international des deux dernières décennies ». Ont aussi pris la parole la lieutenant-gouverneur de l’Ontario, Elizabeth Dowdeswell, le maire-adjoint d’Ottawa, Bob Monette, le président du Conseil des ministres d’éducation du Canada, David Eggen et le président du Congrès du travail du Canada, Hassan Yussuff.

Rencontres préalables

Les délégués de la FQPPU ont poursuivi leurs activités dans les rencontres préalables à l’ouverture du congrès. Ceux-ci ont, entre autres, participé au Séminaire sur la privatisation, la justice fiscale et le financement du droit à l’éducation. Lors de cette activité, les enjeux de privatisation des systèmes d’éducation publique ont été abordés. Les panélistes ont insisté sur les difficultés qui résultent de l’emprise grandissante des entreprises privées sur les systèmes publiques d’éducation, ainsi que sur les conséquences de cette situation à l’égard de la diminution du financement public de l’éducation.

Les délégués ont aussi eu droit à une présentation du président de l’association Canadiens pour une fiscalité équitable. Cette organisation mène plusieurs campagnes dont l’objectif est de sensibiliser aux politiques publiques qui permettent aux entreprises de faire de l’évasion fiscale de façon légale. Par exemple, la Campaign around financing for development (avec ONU/OCDE) et Multinationals pay your share!. Enfin, Richard Langlois de la CSQ/IE a présenté les résultats d’une étude menée par l’IE, « L’imposition des sociétés dans le monde et le financement de services publics de qualité », et les campagnes que compte mener l’IE en cette matière.

Réunion du ComNet

Le réseau ComNet offre aux équipes de communication des organisations affiliées de l’IE une occasion de partager leurs expériences et de mettre en commun leurs initiatives respectives. Ce réseau sert aussi à coordonner les communications internes et externes dans le cadre du congrès.

Au cours de la première séance du matin, plusieurs organisations membres sont venues présenter leurs récentes campagnes de communication qui ont bien fonctionné. Félix Cauchy-Charest de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a présenté des capsules vidéos réalisées par la centrale et dont l’objectif était de sensibiliser le grand public aux conditions de travail qui se détériorent chez les professionnels en éducation. La CSQ a de grands moyens, ce qui lui a permis d’investir 50000$ dans la production de trois capsules vidéos, mettant en vedette des acteurs qui jouent le rôle d’enseignants et des enfants. Ces capsules ont été réfléchies, adaptées et formatées pour correspondre au public des médias sociaux. Jusqu’à maintenant, plus d’1M de personnes ont visionné ces vidéos.

Francine Fillion de la Fédération canadienne des enseignants (FCE) a, pour sa part, présenté les résultats d’un sondage réalisé par la Fédération auprès de ses membres, afin de connaître leurs souhaits en matière de représentation, quels sont les enjeux qui les préoccupent, etc. Ils ont ensuite utilisé ces résultats pour orienter leurs campagnes de lobbying et leurs actions. De plus, en prévision des élections fédérales canadiennes qui doivent avoir lieu en octobre, la FCE a préparé un Q&A avec les différents partis politiques pour savoir quelle sera leur action en matière d’enseignement et de lutte à la pauvreté des enfants. Ils ont aussi produit des pamphlets et des cartons pour poignées de porte (comme à l’hôtel) pour inciter les enseignants à s’afficher comme de fiers syndiqués et avertir les candidats qui sonnent à leur porte qu’ils ont affaire à une personne qui a à cœur les enjeux d’éducation.

Enfin, dans la deuxième partie de la matinée, des responsables de quelques-unes des campagnes de l’IE sont venus faire une mise à jour du travail de l’organisation en cette matière. Notamment, Antonia Wulff est venue parler de l’agenda post-2015 et des « Sustainable Developement Goals », qui remplacent les objectifs du millénaire dont l’échéance était en 2015.

Au Sommet du millénaire, en 2000, 189 pays industrialisés s’étaient entendus sur huit Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Ces objectifs, dont l’échéance était 2015, concernaient entre autres l’éradication de la pauvreté et l’accessibilité pour tous les enfants à une éducation primaire. Si beaucoup de progrès a été réalisé, force est de constater que les objectifs n’ont pas été atteints. C’est pourquoi les États sont en pourparlers actuellement à l’ONU pour préparer l’après-2015.

C’est en septembre 2015, à New York, que 17 nouveaux objectifs seront entérinés. Cette fois, la visée est plus large, puisque des objectifs qui concernent l’égalité des genres, les changements climatiques et l’économie ont aussi été inclus. L’IE a fait beaucoup de pressions afin que l’éducation ne soit pas laissée pour compte dans ces objectifs et ses efforts semblent avoir porté fruit. L’objectif 4 concerne donc l’accès à une éducation inclusive et équitable pour tous. Aussi, chaque objectif comprend un certain nombre de cibles à atteindre. En ce qui concerne l’objectif 4, les cibles sont l’éducation gratuite pour tous au primaire et au secondaire, ainsi que l’amélioration de la qualité de la qualification des enseignants. Un dernier blitz de négociations a lieu actuellement à l’ONU en ce qui concerne la formulation du texte des objectifs et des cibles, qui seront adoptées en septembre.

Ms Wulff rappelle qu’une fois ces objectifs adoptés, le véritable travail pour les organisations syndicales reste à faire, soit de conscientiser leurs membres, les décideurs de leurs pays respectifs et de faire connaître le travail à accomplir aux médias nationaux et internationaux, ce afin que les engagements des États soient respectés.


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