(Québec) Le gouvernement du Québec remet en question la pertinence du siège social de l’Université du Québec à Québec, selon La Presse. Le Conseil du trésor serait à l’origine de l’opération et le ministère de l’Éducation a entrepris des travaux concernant l’avenir de l’institution située dans le quartier Saint-Roch. Même embryonnaire, cette perspective est vivement dénoncée par le syndicat des professeurs.

Aucune décision n’est prise pour l’instant et l’heure est plutôt à la réflexion, ont indiqué des sources au quotidien montréalais. Mais on y évoque tout de même une réduction des pouvoirs du siège social de l’UQ. Son abolition pure et simple est aussi envisagée.

Toujours selon La Presse, un scénario étudié est celui de ne conserver qu’un centre de services communs aux établissements du réseau de l’UQ afin de confier davantage d’autonomie aux établissements,comme l’Université du Québec à Montréal.

Le ministre de l’Éducation, François Blais, n’a pas commenté pour le moment. «Il y a trop de suppositions et il est trop tôt», a dit à La Presse l’ancien doyen de l’Université Laval.

Le siège social de l’UQ reçoit en subventions 15 millions $ par an et s’est vu imposer des coupes de 1 million $.

«Sidérant», dit le syndicat

Vendredi matin, la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) n’a pas tardé à réagir en dénonçant «avec force» l’ouverture du ministre Blais «à l’abolition de l’Université du Québec». «Voilà un énième ballon d’essai de la part d’un ministre qui visiblement ne sait pas où il s’en va», écrit dans un communiqué le président de la FQPPU, Jean-Marie Lafortune. «Les coupures irresponsables auxquelles l’UQ est confrontée ont des effets graves sur l’accessibilité aux études postsecondaires, sur la qualité de l’enseignement et de la recherche et sur le développement économique régional. Cela, on ne cesse de le déplorer. Mais qu’on songe à sacrifier l’UQ elle-même, c’est sidérant! Où est-ce que ça va s’arrêter?» s’insurge M. Lafortune.

Il craint que toutes les universités de plus petite taille ou aux missions précises comme l’École nationale d’administration publique (ÉNAP) et la Télé-Université (TÉLUQ) écopent tout particulièrement. «Le ministre Blais tente de se montrer proactif auprès de son collègue Coiteux en mettant une cible sur l’UQ, mais tout ce qu’il réussit à faire est d’insécuriser, une fois de plus, le milieu universitaire. Espérons que, comme dans le cas des commissions scolaires, il finira par retrouver son sérieux. Il aurait toutefois pu éviter cette commotion s’il avait fait ses devoirs et s’il avait consulté le milieu avant de lancer des idées à la va-vite», conclut le chef syndical.


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