Les syndicats représentants des professeur-e-s d’université s’opposent à un retour forcé en classe, puisque les conditions normales de travail ne sont pas réunies. Ils dénoncent les directives du gouvernement et des administrations universitaires pour obliger les professeur-e-s à donner leurs cours malgré la poursuite de la grève étudiante. Ces directives qui contreviennent aux conditions normales de travail et aux dispositions des
conventions collectives entraînent nécessairement des tensions importantes.

Les contraintes actuelles vont à l’encontre de la pédagogie universitaire et des normes du travail quant aux conditions de sécurité et de sérénité. L’obligation d’enseigner, dans les circonstances, favorise la discrimination entre les étudiants. Elle place les professeur-e-s dans une position
intenable de devoir arbitrer des conflits d’opinion et de défier les décisions prises démocratiquement par les associations étudiantes dûment constituées. De plus, la situation nécessitera de dédoubler les tâches d’enseignement, une fois terminées les grèves étudiantes et au moment de la reprise générale des cours.

Récemment, des professeur-e-s ont subi l’intimidation d’agents de sécurité et de policiers. La situation a dégénéré et elle a donné lieu à des arrestations injustifiées. On porte ainsi atteinte aux libertés civiles, dont la liberté d’expression. Un climat de peur s’installe sur les campus
universitaires, ce qui était inimaginable et qui est absolument inacceptable.

Pour assurer le respect des conditions de travail et l’intégrité des individus, les syndicats de professeur-e-s ont entamé des actions et fait des représentations auprès des directions d’établissement ; ils ont émis des avis et des recommandations à l’intention de leurs membres. Ils
dénoncent les obligations déraisonnables qui leur sont faites, condamnent la violence à leur endroit et affirment, pour l’essentiel :

  • que les professeur-e-s ne peuvent pas être tenus d’enseigner dans des conditions anormales ne permettant pas une relation pédagogique et l’atteinte des objectifs du cours ;
  • qu’ils restent les seuls juges des exigences pédagogiques pour la réussite de leurs cours et, par conséquent, des modalités d’évaluation qui peuvent être proposées aux étudiants ;
  • que leurs droits civils et professionnels doivent en tout temps être respectés et qu’ils ne doivent pas être soumis à des pressions physiques ou psychologiques dans le cadre de leur travail.

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Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU)
Syndicat des professeurs et professeures de l’Université du Québec à Montréal (SPUQ)
Syndicat des professeurs et professeures de l’Université du Québec en Outaouais (SPUQO)
Syndicat général des professeurs et professeures de l’Université de Montréal (SGPUM)

Source : FQPPU
514-843-5953
www.fqppu.org


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