Montréal, le 3 avril 2020 – Alors que les modalités de poursuite et de terminaison de la session d’hiver 2020 en contexte de crise sanitaire se déclinent de façon variable dans les universités québécoises, la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) rappelle que l’évaluation et l’attribution des notes sont la prérogative des personnes professeures et enseignantes.

À titre exceptionnel et dans le but de faciliter les choses en contexte de pandémie, divers arrangements ont été mis en place et certains syndicats et associations, en accord avec leur institution, ont accepté de surseoir temporairement aux mesures habituelles en matière d’évaluation. D’autres établissements universitaires, toujours en accord avec les représentants syndicaux, ont maintenu les pratiques en vigueur avant la pandémie. La FQPPU se réjouit de constater que les mécanismes de relations de travail que sont les échanges, la négociation et la signature de lettres d’entente sont privilégiés dans le réseau universitaire.

L’évaluation et l’attribution des notes demeurent l’apanage des personnes professeures et enseignantes et la FQPPU est soucieuse d’en rappeler toute l’importance aux acteurs du réseau de l’enseignement universitaire, en particulier aux directions d’établissement et au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Il est en effet essentiel de protéger de l’autonomie des personnes responsables de l’enseignement dans l’évaluation des personnes étudiantes, notamment en vertu des conventions collectives en vigueur et de la liberté académique.

Plusieurs associations et syndicats nous rapportent toutefois des situations inusitées au sujet de l’évaluation et de la notation des étudiantes et étudiants. Les problèmes incluent la modification d’une note par la direction d’un département, l’utilisation d’un logiciel qui détermine le poids à accorder à l’une ou l’autre des évaluations dans la pondération d’une note, l’octroi de la mention « succès » et l’attribution des crédits d’un cours une fois les évaluations complétées et la note finale connue, etc.

Depuis le début de la crise due à la COVID-19, la FQPPU plaide pour que les modalités d’évaluation soient flexibles afin d’accommoder les personnes étudiantes qui ne seraient pas dans des conditions adéquates pour poursuivre leur session, ainsi que les personnes professeures qui éprouvent des difficultés sérieuses à enseigner en raison de la pandémie. Elle a suggéré que différents scénarios soient offerts aux personnes étudiantes, incluant l’abandon sans échec avec remboursement des droits de scolarité et la possibilité d’interrompre un cours et d’obtenir la mention « succès » si les évaluations faites préalablement le justifient. Il nous apparait toutefois incorrect que cette souplesse soit évoquée pour imposer aux professeures et professeurs des modalités d’évaluation et d’attribution des notes ou pour contourner a posteriori une évaluation qui a déjà été complétée.

Nous invitons les membres de la FQPPU à faire preuve de vigilance et de s’assurer du caractère exceptionnel et limité des modalités mises en place en contexte de pandémie. Des négociations avec les directions d’établissements devraient établir des balises claires protégeant les prérogatives des membres du corps professoral et enseignant en ce qui a trait à l’évaluation et à l’attribution des notes.

– 30 –

Depuis 1991, la FQPPU est l’instance de concertation et de représentation du corps professoral universitaire québécois.

Source : Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU)
www.fqppu.org

Renseignements : Hans Poirier, 514-843-5953 (bureau) 514-755-5858 (portable)


Partagez cette page :
Facebooktwitterlinkedinmail

X