Au deuxième jour du lock-out des professeurs de l’université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), jeudi, près de 200 professeurs et étudiants se sont rassemblés devant un pavillon de l’université. La direction et le syndicat ont quant à eux rencontré le médiateur à Québec.

Le médiateur Gilles Lachance, a rencontré la direction de l’établissement jeudi matin et la partie syndicale jeudi après-midi.

Les négociations devraient se poursuivre vendredi et au cours du week-end. Les deux parties se sont entendues pour ne pas parler aux médias avant lundi. L’UQTR a mis ses 445 professeurs en lock-out mercredi.

La Fédération québécoise des professeures d’université inquiète

Le président de la Fédération québécoise des professeurs d’université, Jean-Marie Lafortune, dénonce vigoureusement ce coup de force.

On estime que c’est un manque de vision de la direction qui non seulement pénalise le corps professoral, mais également la population étudiante et les partenaires de partout dans la région qui peuvent compter sur les recherches menées à l’université pour développer socialement, culturellement et économiquement la région.

M. Lafortune affirme que la fédération est prêt à soutenir les professeurs de l’UQTR dans le cas d’un conflit de travail prolongé. Il garde tout de même espoir que les rencontres avec le médiateur porteront fruit.

Le président de la fédération est allé rencontrer les professeurs et étudiants du cycle supérieur réunis devant l’université, jeudi.

On craint bien sûr que d’autres administrations universitaires ne veuillent calquer cette façon de faire pour en arriver au même but.

Sur place, des étudiants se sont dits inquiets pour la suite de leur parcours scolaire. “Étant donné que je suis finissant, j’avais idée de peut-être aller à la maîtrise. J’avais des rendez-vous avec des professeurs dans les prochains jours; rendez-vous que je ne pourrai pas avoir”, a fait savoir l’un d’eux sur place.

Un autre, outré de la situation, a manifesté son mécontentement en dénonçant les choix de la direction. “Je trouve ça déplorable comme action du recteur. Je pense qu’il aurait pu choisir une autre stratégie plus responsable.”

Une lettre ouverte signée par 70 étudiants

Une lettre ouverte signée par 70 étudiants de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) fait état des inquiétudes que partagent de nombreux étudiants de l’établissement par rapport aux impacts du lock-out des professeurs, déclenché mercredi.

La lettre fait mention du fait que l’UQTR n’avait pas initialement précisé qu’en plus des cours suspendus, le lock-out entraînait aussi la suspension du travail de supervision de recherche des professeurs.

Plusieurs signataires étudient aux cycles supérieurs à l’UQTR et se désolent de ne pouvoir déposer leur essai, mémoire ou thèse, ou encore de faire réviser leurs travaux.

Les 70 étudiants qui ont paraphé la lettre ouverte espèrent que le conflit de travail opposant l’UQTR à son syndicat des professeurs soit rapidement réglé.

La ministre David réitère son mécontentement

La ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a réitéré devant les journalistes, jeudi matin, son désaccord avec cette décision de la haute direction de l’UQTR. J’espère qu’ils vont travailler très fort dès aujourd’hui.

Je ne suis pas très heureuse de cette décision du lock-out, même pas du tout. Alors, il faut que ça se règle vite.

La ministre David a demandé une rencontre d’urgence avec le recteur, vendredi matin, pour discuter de la situation.

Un climat d’incertitude

L’Association générale des étudiant(e)s de l’UQTR fait état des inquiétudes et du climat d’incertitude qui touche les étudiants de l’université trifluvienne.

En entrevue à l’émission Facteur matinal jeudi matin, le président de l’AGE UQTR, Frédéric Thibault, a témoigné avoir rencontré de nombreux étudiants qui s’inquiètent des impacts que pourrait avoir le lock-out des professeurs.

Il y a en qui sont inquiets pour leur futur emploi, d’autres pour leur stage, relate le président de l’association étudiante. Certains sont plus inquiets que ‘autres. Ça va un peu dans la lignée de l’incertitude qui régnait hier.

La convention collective des professeurs de l’établissement était échue depuis mai 2017.

Jean-François Fortier, Radio-Canada

 


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