Pour qui connaît le milieu universitaire ou qui a suivi l’actualité, la création du Conseil national des universités (CNU), projetée par le gouvernement, est prioritaire. Ce besoin n’est pas nouveau, comme l’indiquent les nombreuses interrogations et critiques adressées aux universités québécoises au cours des quinze dernières années. La solution proposée n’est pas nouvelle non plus, puisqu’il existait, avant 1993, un Conseil des universités. Or, dès 1997, la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU)
réclamait la création d’un nouveau Conseil pour éviter les dérives associées au sous-financement. Force est de constater, sur un temps long, l’absence de vision d’ensemble et de coordination du réseau universitaire. Dans les faits, un manque de ressources professorales, la dévalorisation de la profession enseignante, une désaffection pour les Humanités et pour la recherche fondamentale ainsi que des initiatives discutables sinon ruineuses comptent parmi les conséquences néfastes.

Le Sommet sur l’enseignement supérieur et les rencontres qui l’ont précédé en 2012-2013 ont été l’occasion de soumettre le projet d’un nouvel organisme de coordination. Hormis la FQPPU, des propositions concrètes sont venues de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et du Conseil supérieur de l’éducation (CSE), entre autres. Par-delà des différences de vue, il s’est établi rapidement un consensus quant à la nécessité de se doter d’un
instrument commun pour rassembler et analyser des informations pertinentes et à jour, afin d’éclairer l’État, les acteurs et les partenaires universitaires et afin de coordonner des actions appropriées. Un chantier a été consacré à ce sujet, sous la responsabilité de Claude Corbo qui a produit un rapport au mois de juin dernier. La FQPPU avait soumis un mémoire spécifique où elle réaffirme la fonction démocratique d’un Conseil qui serait multipartite et redevable de ses travaux à l’État, dont relève ultimement la responsabilité de l’enseignement supérieur.

Pour assurer une coordination nécessaire, qui a longuement fait défaut, la mise en place du Conseil des universités est urgente. Il faut entreprendre la mise à jour continue des données sur la situation et les besoins des établissements pour pouvoir faire des recommandations notamment en matière de financement. Pour leur part, les révisions périodiques de programmes d’études et l’évaluation de projets de programmes ne peuvent souffrir de délais. Elles exigent, suivant un processus reconnu, un travail constant et minutieux en collaboration avec les universités elles-mêmes. De telles opérations se planifient de longue date. Tout retard dans la création du Conseil national des universités aura pour effet de
reporter des décisions pressantes. Ce ne sera pas sans nuire à l’université, à celles et ceux qui la fréquentent et qui y oeuvrent. Il faut pouvoir justifier et recommander à l’État les décisions qui s’imposent pour maintenir la mission universitaire et assurer de manière équitable et transparente l’avenir de l’ensemble des établissements universitaires. Et cela ne peut pas attendre l’apparition de nouveaux problèmes… encore moins d’un scandale ou d’une crise.

Max Roy
Président
FQPPU


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