(Ottawa/Montréal – 21 octobre 2020) L’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU) et la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) joignent leurs voix à celle de tous les éducateurs français pour condamner le meurtre abject d’un professeur d’histoire en France.

Notre collègue Samuel Paty, un enseignant d’histoire-géographie, a été sauvagement assassiné pour avoir utilisé sa liberté pédagogique afin de susciter un débat sur les caricatures de Mahomet. Cet attentat insensé rappelle que les enseignants peuvent, eux aussi, exercer leur profession au péril de leur vie. C’est pourquoi ce meurtre est non seulement une attaque contre l’ensemble du corps enseignant, mais aussi une menace contre la liberté d’expression et la liberté académique.

Les établissements d’enseignement et leur personnel doivent à tout prix résister à la tentation de s’autocensurer ou d’éviter d’aborder tout objet de connaissance, y compris les mots, les concepts ou les théories plus controversées, comme l’indique l’Internationale de l’éducation dans une récente déclaration.

L’ACPPU et la FQPPU offrent leurs plus sincères et profondes condoléances à la famille de M. Paty, à ses proches, à ses collègues et à ses élèves. À la mémoire de Samuel Paty, nous devons collectivement nous lever et continuer à nous battre pour que l’école, du niveau préscolaire jusqu’aux études supérieures, soit et demeure un lieu d’apprentissage, de débats et d’idées jouant un rôle fondamental dans la formation de citoyens informés, capables d’esprit critique, de tolérance et d’humanité. Les professeurs, les enseignants et leurs institutions ne doivent jamais plier l’échine devant de tels actes terroristes.

Partout sur la planète, les collèges et les universités doivent poursuivre leur travail de production et de diffusion des savoirs et demeurer un endroit où les débats sont encouragés. Pour y parvenir, il faut protéger, soutenir et défendre haut et fort la liberté académique, car c’est une question d’intérêt public. Pour remplir pleinement leur rôle, les professeurs et enseignants de tous les pays doivent avoir le droit d’enseigner, d’apprendre, d’étudier et de publier sans craindre la censure, l’orthodoxie, la menace de représailles ou la discrimination, aussi bien au sein de leurs institutions que dans l’espace public.

Ce n’est qu’avec une liberté académique forte et soutenue sans réserve par nos institutions que le savoir et les connaissances pourront continuer d’avancer.

Plus que jamais, nous sommes tous profs.


Partagez cette page :
Facebooktwitterlinkedinmail

X