La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) a reçu avec scepticisme et méfiance les engagements contenus dans le budget fédéral 2014 à l’égard de la recherche scientifique au Canada. Malgré une apparence d’ouverture à quelques endroits dans le document officiel, le financement de la recherche ciblée vers les besoins des entreprises demeure l’orientation privilégiée par le gouvernement.

Il en est ainsi du nouveau programme de financement Apogée, dont l’objectif avoué est d’«aider les établissements postsecondaires canadiens à exceller à l’échelle mondiale dans des
domaines de recherche qui procurent des avantages économiques à long terme au Canada». Ce programme s’apparente à une promesse électorale, attendu que le budget lui consacre 1,5 milliard sur dix ans, mais qu’un premier montant de 50M$ ne sera disponible qu’en 2015-2016. Puisque aucun détail n’est fourni à propos d’Apogée, on peut se questionner sur la pertinence d’un programme qui entre en concurrence sinon en conflit avec les mandats des trois conseils de recherche (CRSH, CRSNG et IRSC). Ces derniers, d’ailleurs, ont vu leurs budgets rétrécir gravement depuis 2007. Malgré un financement additionnel annoncé de 46M$, le budget global de ces organismes a diminué de 5% par rapport au budget de 2007-2008!

Le budget 2014 prévoit aussi des sommes nettement insuffisantes en ce qui a trait aux frais indirects de recherche (FIR), ce qui amplifie des déficits. L’ensemble de la communauté
universitaire et scientifique au Canada décrie pourtant cette situation depuis plusieurs années. Le sous-financement des FIR oblige les universités à puiser dans leurs budgets courants pour couvrir la majorité des frais engendrés par les subventions de recherche qu’elles gèrent, ce qui a évidemment des effets dommageables.

En vue d’un développement économique —auquel contribuent, de toute façon, les milieux scientifiques—, le gouvernement fédéral crée des programmes pour soutenir les entreprises et le commerce plutôt que d’assurer aux conseils de recherche et aux universités les moyens de faire avancer la science. La capacité d’innovation du Canada s’en trouve réduite, puisqu’elle doit pouvoir s’appuyer sur la recherche fondamentale que l’on néglige à l’heure actuelle.

La FQPPU s’inquiète une fois de plus de la vision étroite du gouvernement fédéral en matière de science et d’innovation. Dans le cadre d’une politique scientifique, l’octroi d’une subvention publique de recherche (500M$) à l’industrie automobile, par exemple, est inexplicable. Le financement de la recherche publique doit permettre l’élargissement des connaissances sur une diversité de sujets et dans toutes les disciplines. Le volet «recherche» du budget fédéral 2014 confirme une incompréhension ou une ignorance d’un tel enjeu. Au lendemain d’une pseudo- consultation sur sa stratégie en matière de science, le gouvernement conservateur montre les limites de ses intérêts et suscite l’inquiétude. Ce qu’il advient des milieux du savoir au Canada est encore plus alarmant.

Depuis 1991, la FQPPU représente la majorité des professeures et professeurs des universités francophones et anglophones du Québec.

Source : FQPPU
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