Risques psychosociaux en milieu universitaire : 4 clés pour comprendre et agir

Les risques psychosociaux en milieu universitaire font malheureusement partie du quotidien de nombreuses professeures et de nombreux professeurs. Surcharge de travail, manque de reconnaissance, conflits de valeurs ou perte de sens : ces réalités ne sont ni abstraites ni individuelles. Elles découlent de conditions d’exercice du travail qui engagent une responsabilité collective et relèvent pleinement de la santé et sécurité du travail. Dans cette perspective, la prévention des risques psychosociaux constitue un levier essentiel pour protéger l’intégrité physique et psychique du personnel universitaire. 

La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université publie à cet effet un nouveau guide syndical, Prévenir les risques psychosociaux chez les professeures et professeurs d’université, pour aider ses membres à naviguer dans des situations souvent complexes. Conçu et rédigé par Imane Lahrizi, Mariève Pelletier et Simon Viviers, il offre un cadre rigoureux, concret et actionnable pour comprendre les enjeux et outiller les milieux afin d’agir efficacement, en amont, sur les causes organisationnelles des risques.

Table des matières

1. Protéger l’intégrité physique et psychique : une obligation légale, pas une option

La protection de l’intégrité physique et psychique des professeures et professeurs ne relève ni de la bonne volonté ni de pratiques facultatives. Les risques psychosociaux en milieu universitaire sont aujourd’hui reconnus comme de véritables risques professionnels, au même titre que les risques physiques, et s’inscrivent pleinement dans le champ de la santé et sécurité du travail.

Cette reconnaissance emporte des conséquences claires : l’employeur a l’obligation d’agir, non seulement lorsque les situations de détresse sont déjà manifestes, mais surtout en amont, par des mesures de prévention des risques psychosociaux. Il ne s’agit donc pas uniquement de réparer les dommages une fois survenus, mais de s’attaquer aux causes organisationnelles qui fragilisent la santé psychologique : surcharge de travail, intensification des exigences, flou des attentes ou dégradation des conditions d’exercice.

⚖️ Si le cadre légal est souvent évoqué, il demeure pourtant mal compris et inégalement appliqué dans les universités. Qui est responsable de quoi ? Quelles obligations concrètes en découlent ? Quels leviers peuvent être mobilisés pour faire de la prévention une réalité ? Consultez le guide Prévenir les risques psychosociaux chez les professeures et professeurs d’université pour des réponses précises à ces questions.
Allumettes alignées, de plus en plus brûlées, illustrant l’épuisement lié aux risques psychosociaux en milieu universitaire

2. Définir les risques psychosociaux du travail : mieux comprendre pour mieux agir

Pour prévenir efficacement les risques psychosociaux en milieu universitaire, encore faut-il les nommer avec précision. Trop souvent banalisés ou réduits à des difficultés individuelles, les risques psychosociaux prennent en réalité des formes multiples, cumulatives et souvent invisibles. Charge de travail excessive, manque de reconnaissance, conflits de valeurs, situations de violence ou de harcèlement, perte de sens : ces facteurs ne surviennent pas isolément, mais s’additionnent et se renforcent au fil du temps.

Leurs effets dépassent largement la santé psychique des personnes concernées. Ils fragilisent aussi le fonctionnement des milieux universitaires : détérioration du climat de travail, tensions entre collègues, désengagement, difficultés de collaboration et affaiblissement de la mission universitaire elle-même. Dans un contexte marqué par des exigences contradictoires, l’intensification du travail et l’isolement professionnel, ces risques peuvent devenir structurels s’ils ne sont pas reconnus collectivement.

👩‍🏫 Mais comment identifier un risque organisationnel ? Comment déterminer les facteurs spécifiques au travail universitaire et leurs effets concrets ? Le guide Prévenir les risques psychosociaux chez les professeures et professeurs d’université propose une analyse de différents risques psychosociaux, de leurs manifestations et de leurs impacts, afin de mieux outiller les milieux à agir de manière éclairée et structurée.
Situation de tension entre collègues illustrant les risques psychosociaux en milieu universitaire

3. Comment agir en prévention des risques psychosociaux ?

Agir en prévention des risques psychosociaux suppose d’abord un changement de cadre mental : ces risques ne relèvent pas de la capacité d’adaptation individuelle, mais d’une action collective et organisationnelle, pleinement inscrite en santé et sécurité du travail. En milieu universitaire, prévenir signifie donc intervenir sur les conditions dans lesquelles le travail est organisé, exercé et reconnu.

La prévention se décline à plusieurs niveaux. La prévention primaire vise à éliminer ou réduire les facteurs de risque à la source, en agissant sur l’organisation du travail. La prévention secondaire cherche à atténuer les effets des risques déjà présents, notamment par le soutien et l’accompagnement. La prévention tertiaire, enfin, intervient lorsque les atteintes à la santé sont survenues, afin d’en limiter les conséquences. Si ces trois niveaux sont complémentaires, c’est la prévention primaire qui demeure la plus structurante et la plus durable.

👥 Dans cette perspective, les mécanismes de santé et sécurité du travail jouent un rôle central : identification des risques, diagnostics partagés, élaboration de plans d’action et suivi des mesures mises en place. Encore faut-il savoir comment structurer cette démarche, quels outils mobiliser et comment l’adapter aux réalités spécifiques du travail universitaire. Par où commencer ? Quels acteurs impliquer ? Comment passer du constat à l’action ? Le guide Prévenir les risques psychosociaux chez les professeures et professeurs d’université propose des repères concrets pour bâtir une démarche de prévention efficace, ancrée dans la réalité des milieux universitaires.
Représentante syndicale échangeant avec des collègues lors d’une rencontre, illustrant la prévention des risques psychosociaux en milieu universitaire

4. Rôle du syndicat et de ses instances : un levier central de prévention

En matière de risques psychosociaux en milieu universitaire, le rôle du syndicat ne se limite pas à intervenir lorsque les situations sont déjà détériorées. Il s’inscrit d’abord comme un acteur stratégique de la prévention, capable d’agir en amont sur les conditions de travail et les causes organisationnelles qui fragilisent la santé psychologique. Cette position est d’autant plus centrale que la prévention des risques psychosociaux repose sur une action collective structurée.

Par leurs instances et leurs représentantes et représentants, les syndicats contribuent activement aux mécanismes de santé et de sécurité du travail — notamment le comité de santé et de sécurité (CSS) et les représentantes et représentants en santé et sécurité (RSS) — pour identifier et documenter les risques, analyser les situations, formuler des recommandations écrites et en assurer le suivi. Lorsque des recommandations restent sans suite, l’action peut se poursuivre dans les relations de travail afin d’obtenir des engagements formalisés (ententes locales, plans d’action avec des responsables, échéances et indicateurs).

En misant sur la prévention primaire, l’action syndicale contribue à des changements durables : réorganisation du travail, amélioration des pratiques de gestion, clarification des attentes et renforcement des espaces de dialogue et de collégialité. Le rôle du syndicat dépasse ainsi dépasse la gestion de crises ponctuelles ; il vise à améliorer, dans le temps, les conditions d’exercice du travail et à soutenir la mission universitaire elle-même.

📖 Mais comment exercer concrètement ce rôle ? Quels moyens d’action privilégier pour intervenir efficacement en prévention ? Le guide Prévenir les risques psychosociaux chez les professeures et professeurs d’université propose des repères précis pour comprendre ces rôles et outiller les syndicats pour agir de manière structurée et durable.

Restez à jour

Abonnez-vous à l’infolettre de la Fédération.