Budget 2026-2027 et enseignement supérieur : une stabilisation qui ne corrige pas le sous-financement chronique des universités

La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) note la hausse de 5,5 % des crédits alloués à l’enseignement universitaire annoncée dans le budget 2026-2027, tout en déplorant l’absence de mesures pour combler le manque à gagner imputable aux récentes décisions gouvernementales. Entre l’adoption du projet de loi 74, plafonnant les admissions internationales, et le sous-financement chronique du réseau, ce gouvernement laisse les universités québécoises dans un état critique.

« Ce budget évite que la situation ne se dégrade davantage, mais il ne corrige en rien le sous-financement structurel de nos universités, identifié par tous les acteurs du milieu (dont la Table des partenaires universitaires et le Bureau de coopération interuniversitaire). On sauve les meubles, mais on laisse la maison brûler », déclare Madeleine Pastinelli, présidente de la FQPPU. « Sur le fond, ce qui est le plus frustrant, c’est que ce gouvernement tente de stabiliser aujourd’hui une situation qu’il a lui-même aggravée par ses décisions des dernières années. Le prochain gouvernement devra s’attaquer au rattrapage si le Québec veut redevenir un phare en matière d’enseignement supérieur. »

Le bilan : une crise provoquée

En moins d’un an, le gouvernement a multiplié les décisions qui fragilisent les universités québécoises. Le projet de loi 74, adopté en décembre 2024, donne à l’État le pouvoir de plafonner les admissions internationales, privant les universités d’une source de revenus essentielle et portant atteinte à leur autonomie.

Le budget 2025-2026 a ensuite gelé le financement des universités. Résultat : un déficit estimé à 47 millions de dollars pour l’ensemble du réseau en 2025-2026, des bâtiments qui se dégradent et des professeur·es de plus en plus en surcharge de travail.

Ces décisions s’ajoutent au sous-financement chronique des universités québécoises.

Sur le fond, ce qui est le plus frustrant, c’est que ce gouvernement tente de stabiliser aujourd’hui une situation qu’il a lui-même aggravée par ses décisions des dernières années. Le prochain gouvernement devra s’attaquer au rattrapage si le Québec veut redevenir un phare en matière d’enseignement supérieur. 
Madeleine Pastinelli
Présidente de la FQPPU

Investissements reconnus, mais insuffisants

La FQPPU reconnaît la hausse de 3,7 % du budget de l’enseignement supérieur, qui passe de 11,3 G$ à 11,7 G$. Ces mesures visent à préserver les services actuels et à tenir compte de la croissance de la population étudiante. Toutefois, mentionnons de nouveau que ces investissements ne font que stabiliser une situation que le gouvernement a lui-même dégradée.

Un fonds « éventuel » : un aveu d’insuffisance

La création d’un fonds de 100 M$ pour « répondre aux besoins éventuels » des établissements constitue un aveu du fait que le financement de base demeure inadéquat. Cette approche réactive ne permet pas aux universités de planifier adéquatement la mise en œuvre de leurs missions d’enseignement et de recherche.

Les universités québécoises sont un levier essentiel de développement économique, social et culturel . Mais pour ce faire, il faudra plus que des mesures de maintien : il faudra une vision et des investissements à la hauteur de nos ambitions collectives. Et surtout, il faudra cesser de saboter ce que l’on prétend soutenir. 
Madeleine Pastinelli
Présidente de la FQPPU

Un défi de taille pour le prochain gouvernement

Ce budget clôt le mandat d’un gouvernement qui aura d’abord affaibli les universités par des décisions malavisées, avant de tenter de stabiliser une situation de son propre fait. Le prochain gouvernement héritera du même sous-financement du réseau universitaire et des mêmes défis d’attractivité.

« Les universités québécoises sont un levier essentiel de développement économique, social et culturel », conclut Madeleine Pastinelli. « Mais pour ce faire, il faudra plus que des mesures de maintien : il faudra une vision et des investissements à la hauteur de nos ambitions collectives. Et surtout, il faudra cesser de saboter ce que l’on prétend soutenir. »

La FQPPU continuera de plaider pour un financement adéquat, prévisible et essentiellement public des universités, dans l’intérêt de la recherche, de l’enseignement et de la société québécoise.

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