Évaluation de l’enseignement : la FQPPU appelle à mettre fin à l’utilisation des sondages étudiants dans les décisions de carrière professorale

Réunis en Conseil fédéral les 19 et 20 février derniers, les syndicats affiliés de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) ont adopté une résolution claire : les sondages d’appréciation étudiante de l’enseignement ne doivent plus servir d’outils déterminants dans les décisions de recrutement de professeur·es, de renouvellement de contrat, de permanence, de promotion ou de fin d’emploi.

Cette position s’appuie sur un consensus scientifique robuste démontrant que ces sondages sont inefficaces pour mesurer la qualité réelle de l’enseignement et qu’ils comportent d’importants biais systémiques, notamment sexistes et racistes. Leur utilisation dans les processus d’évaluation formelle expose donc les établissements à la reproduction — voire à l’institutionnalisation — de ces inégalités systémiques.

« Des carrières de professeures et de professeurs talentueux sont freinées, voire brisées, à cause d’un outil qui ne mesure pas ce qu’il prétend mesurer », déplore Madeleine Pastinelli, présidente de la FQPPU. « La recherche est sans équivoque : ces sondages ne mesurent pas la qualité réelle de l’enseignement. Il est irresponsable de continuer à les utiliser dans des décisions qui ont des conséquences majeures sur la vie de nos collègues. »

Un appel à l’action pour les établissements et les syndicats

La résolution, adoptée à l’unanimité, invite les établissements d’enseignement supérieur et le corps professoral à faire preuve de la plus grande prudence dans l’usage de ces sondages lorsqu’ils figurent parmi les éléments conventionnés servant à l’évaluation des professeures et des professeurs.

Elle recommande également :

  • que les établissements dont les conventions collectives ne prévoient pas explicitement le recours à ces sondages s’abstiennent de les utiliser à des fins décisionnelles ;
  • que les syndicats affiliés entreprennent, lors des prochaines négociations, le retrait de ces dispositions lorsqu’elles sont présentes dans leurs conventions collectives ;
  • la mise en place de mécanismes alternatifs, équitables et scientifiquement fondés, visant l’amélioration réelle de l’enseignement tout en protégeant le corps professoral contre les biais discriminatoires.

La FQPPU réaffirme que l’amélioration continue de l’enseignement constitue un objectif important et louable. Toutefois, cet objectif doit s’appuyer sur des pratiques d’évaluation rigoureuses, crédibles et équitables — et non sur des instruments dont la validité scientifique est largement contestée.

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