Rassemblés autour de l’enjeu essentiel du financement des universités, des membres des communautés universitaires ont clamé un même message, partout au Québec, le 22 septembre dernier : « L’université, un bien commun : investir dans nos universités, c’est investir dans tout le Québec. »
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Professeures et professeurs, personnes chargées de cours, étudiantes et étudiants, membres du personnel professionnel, de recherche, technique et de soutien : malgré des réalités différentes, toutes et tous ont voulu rappeler, lors de la campagne électorale, que les difficultés auxquelles font face les universités ont des conséquences bien réelles sur leur capacité à remplir la mission universitaire.
Deux semaines plus tard, les Québécoises et les Québécois choisissaient un nouveau gouvernement. Le Parti québécois formera un gouvernement minoritaire à l’Assemblée nationale.
La campagne électorale est peut-être terminée, mais les préoccupations exprimées sur les campus demeurent. Pour la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université, le début de ce nouveau mandat doit être l’occasion d’engager un dialogue avec le gouvernement et l’ensemble des partis représentés à l’Assemblée nationale sur l’avenir de l’université québécoise.
Dans toutes nos universités, un même constat
Les universités québécoises, de Montréal à l’Abitibi-Témiscamingue, du Saguenay à l’Outaouais, de Québec à Rimouski, de Trois-Rivières à Sherbrooke, s’inscrivent dans des contextes régionaux et des populations très différents. Et pourtant, il faut reconnaître à quel point les préoccupations exprimées par leurs communautés se ressemblent.
Surcharge de travail, gels d’embauche, précarité, réduction des services, recherche freinée, programmes fragilisés : toutes ces difficultés financières vécues au sein du réseau ont des conséquences directes sur les conditions de travail et d’études.
Et cette situation dépasse largement les murs des campus. Lorsqu’un programme universitaire est fragilisé ou disparaît en région, c’est l’accès à la formation et à l’expertise qui recule pour toute une collectivité. Lorsqu’un poste n’est pas pourvu, ce sont les services aux étudiantes et aux étudiants qui s’amenuisent. Lorsque la surcharge devient la norme, c’est le temps disponible pour enseigner, accompagner, chercher et contribuer à la société qui diminue.
C’est précisément ce que nous avons voulu rendre visible lors de la mobilisation du 22 septembre. La situation financière des universités n’est pas seulement l’affaire des personnes qui y travaillent ou y étudient. Elle concerne l’ensemble du Québec.
Faire du financement des universités un chantier du nouveau mandat
Au cours de la campagne électorale, la Table des partenaires universitaires (TPU) a demandé aux partis politiques de répondre à trois questions : s’engageront-ils à réinvestir des fonds publics dans les universités ? Quelle place accordent-ils aux universités dans leur vision du Québec ? Comment entendent-ils préserver l’accessibilité aux études universitaires ?
Le scrutin étant maintenant derrière nous, ces questions doivent devenir autant de chantiers pour le nouveau gouvernement.
Réinvestir dans la mission universitaire
Le premier concerne le financement des universités.
Assurer leur pérennité exige davantage que de simples interventions ponctuelles. Les établissements doivent pouvoir compter sur un financement public suffisant, prévisible et récurrent afin de planifier leurs activités, de maintenir leurs programmes et leurs services et d’accomplir pleinement leurs missions.
Cela suppose également de reconnaître qu’une réforme des règles de financement, aussi pertinente qu’elle puisse être, ne peut, à elle seule, pallier le manque de ressources vécu au sein du réseau.
Le Parti québécois a notamment proposé, durant la campagne, de revoir la politique de financement des universités liée aux étudiantes et étudiants internationaux·ales. Cette réflexion devra être menée avec les communautés universitaires et tenir compte des réalités particulières des établissements, notamment en région. Elle devra surtout s’inscrire dans une discussion plus large sur le niveau de financement public nécessaire à l’accomplissement de la mission universitaire.
Reconnaître la contribution de nos universités au Québec
Le deuxième chantier concerne notre conception même de l’université, ainsi que la place qu’elle occupe dans notre société.
Bien sûr, les universités contribuent à la formation de professionnelles et de professionnels dont le Québec a besoin. Leur rôle, cependant, ne saurait se résumer aux besoins immédiats du marché du travail.
Elles produisent et transmettent des connaissances. Elles forment des citoyennes et des citoyens. Elles soutiennent l’innovation scientifique, sociale et culturelle. Elles contribuent au développement des régions, alimentent le débat public et mettent leur expertise au service de la société.
Investir dans les universités, c’est donc investir dans la capacité du Québec (et du monde) à comprendre les transformations auxquelles il fait face et à y répondre.
Préserver une université accessible
Enfin, l’amélioration de la situation financière des établissements ne peut reposer sur un transfert de plus en plus important de la facture aux étudiantes et aux étudiants.
L’accessibilité fait partie des principes sur lesquels s’est construit le réseau universitaire québécois. Elle doit demeurer au cœur des décisions qui seront prises au cours des prochaines années. L’Union étudiante du Québec (UEQ), lors d’une rencontre récente avec la FQPPU, a pu exposer les différentes facettes de la précarité étudiante et la manière dont ses membres en sont profondément affectés.
Certains engagements formulés pendant la campagne, notamment en matière de rémunération des stages, offrent d’ailleurs des pistes sur lesquelles il sera possible de construire.
Mais, plus largement, chaque décision concernant le financement des universités devrait être évaluée à l’aune d’une question simple : permet-elle à davantage de Québécoises et de Québécois d’accéder à une formation universitaire de qualité, partout sur le territoire ?
Une invitation au dialogue
Le résultat du 5 octobre ouvre une nouvelle période politique au Québec : le gouvernement qui prendra les commandes sera minoritaire et devra nécessairement rechercher des terrains d’entente à l’Assemblée nationale. Cette configuration peut faire de l’appui aux universités un enjeu rassembleur plutôt qu’un objet de confrontation.
La FQPPU souhaite contribuer à cette réflexion.
Les rassemblements organisés le 22 septembre ne marquent pas la fin d’une mobilisation. Ils ont permis de faire émerger un constat largement partagé par celles et ceux qui étudient et travaillent dans nos universités.
Il appartient désormais au gouvernement d’entendre ce message et d’ouvrir le dialogue avec les communautés universitaires.
La FQPPU est prête à collaborer avec le nouveau gouvernement, avec les autres formations politiques et avec l’ensemble des partenaires du réseau afin de trouver des solutions durables aux défis auxquels nos universités sont confrontées.
L’université est un bien commun. Investir dans nos universités, c’est investir dans tout le Québec.
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