À midi aujourd’hui, dans seize établissements aux quatre coins du Québec, des membres des communautés universitaires se rassemblent pour déployer une même bannière : « L’université, un bien commun : investir dans nos universités, c’est investir dans tout le Québec ».
En bref
- Une mobilisation simultanée dans seize universités. Ce midi, des membres des communautés universitaires de partout au Québec déploient la bannière « L’université, un bien commun », à l’appel de la Table des partenaires universitaires (TPU).
- Des conditions de travail et d’études qui se détériorent. Surcharge, postes laissés vacants, précarité, réduction des services et programmes fragilisés : les difficultés financières des universités ont des conséquences bien concrètes sur les campus.
- Le financement de l’université est une responsabilité collective. La TPU demande aux partis politiques de faire connaître publiquement, d’ici le 5 octobre, leur vision de l’université québécoise et les moyens qu’ils comptent consacrer à sa mission.
Coordonnée par la Table des partenaires universitaires (TPU), cette mobilisation portée par les syndicats et les associations étudiantes veut rappeler que l’avenir des universités ne concerne pas uniquement celles et ceux qui y travaillent ou y étudient. Il concerne l’ensemble du Québec.
Professeures et professeurs, chargées et chargés de cours, étudiantes et étudiants, étudiantes et étudiants salariés, responsables de formation pratique, personnel professionnel, professionnelles et professionnels de recherche, personnel de soutien et personnel technique prennent part à l’action. Malgré des réalités de travail et d’études différentes, toutes ces communautés subissent les effets des difficultés financières auxquelles sont confrontées les universités. Il est important de souligner que ces effets dépassent largement les murs des campus.
L’université, un bien commun
Les universités sont une richesse et contribuent significativement au développement de notre société. Elles forment les infirmières et les infirmiers, les enseignantes et les enseignants, les travailleuses et les travailleurs sociaux, ainsi que de nombreux autres professionnelles et professionnels dont le Québec a besoin. Elles produisent des connaissances qui éclairent les décisions publiques et contribuent à l’innovation. Elles offrent aux communautés qu’elles servent des espaces essentiels de débat, de recherche et de pensée libre. Elles permettent à des générations de citoyennes et de citoyens de développer leur esprit critique et de prendre une part active à la vie collective.
Dans plusieurs régions, leur rôle est déterminant. Les universités y contribuent au développement économique et social, forment une main-d’œuvre qualifiée et permettent d’attirer et de retenir la relève.
Assurer la pérennité de nos universités est donc une responsabilité collective. Et c’est essentiellement une question de choix politiques.
Des communautés universitaires sous pression
Depuis plusieurs années, les conditions dans lesquelles la mission universitaire est accomplie se détériorent. Sur les campus, les mêmes problèmes reviennent : surcharge de travail, postes non pourvus, emplois précaires, services réduits, recherche freinée et programmes fragilisés.
Les conséquences de cette situation sont immédiates et tangibles. Lorsqu’une professeure, un professeur, une chargée ou un chargé de cours doit composer avec une surcharge de travail persistante, la qualité de l’enseignement et le temps pouvant être consacré à la recherche en souffrent. Un poste de professionnel ou de soutien qui demeure vacant entraîne une réduction des services destinés aux étudiantes et aux étudiants. Lorsqu’un programme ferme en région, c’est parfois toute une collectivité qui voit s’éloigner l’accès à la formation universitaire. Et des frais de scolarité qui augmentent pour pallier les difficultés financières de nos universités frappent plus durement les personnes et les familles les plus défavorisées.
Un financement public, prévisible et récurrent
La TPU le réaffirme : pour garantir que les universités puissent s’acquitter de leur mission et demeurer réellement au service de l’ensemble de la population, leur financement doit relever d’un effort collectif.
Le Québec a fait le choix de bâtir un réseau universitaire largement accessible et financé publiquement. Ce choix a joué un rôle majeur dans son développement social, économique, scientifique et culturel. Il demeure aujourd’hui essentiel de réaffirmer l’engagement de l’État et de rehausser la part du financement public pour maintenir des universités accessibles, dans toutes les régions, sans transférer une part toujours plus importante de son financement aux étudiantes et aux étudiants. Il faut renverser la tendance au désengagement de l’État à l’égard de ces institutions centrales pour notre société. La campagne électorale doit devenir l’occasion d’un débat sur l’avenir du réseau universitaire. La TPU demande donc à l’ensemble des partis politiques de faire connaître publiquement, d’ici le 5 octobre, leurs réponses aux questions suivantes :
- S’engagent-ils à réinvestir de l’argent public pour soutenir la mission des universités?
- Quelle place accordent-ils aux universités dans leur vision du Québec et quels moyens publics comptent-ils consacrer à leurs missions d’enseignement, de recherche et de service à la collectivité, dans toutes les régions?
- Comment entendent-ils préserver l’accessibilité aux études universitaires pour l’ensemble de la population?
Seize universités, une seule bannière
Les communautés universitaires des établissements suivants participent au déploiement simultané de la bannière : l’Université Bishop’s, l’Université Concordia, l’École de technologie supérieure (ÉTS), l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), l’Université Laval, l’Université McGill, l’Université de Montréal, Polytechnique Montréal, l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), l’Université du Québec à Montréal (UQAM), l’Université du Québec en Outaouais (UQO), l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), l’Université de Sherbrooke et l’Université TÉLUQ.
Dans chaque établissement, le rassemblement a été organisé conjointement par des syndicats et des associations étudiantes locales.
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